Témoignages


"Je me sentais tellement impuissante et dépendante
après la césarienne ...."

" C'est comme si on m'avait arraché le bébé du ventre ..."

"La césarienne, c'était comme un rouleuau-compresseur qui m'est passé dessus."

 

Ecrire un témoignage peut faire partie du processus de compréhension et de guérison. Cette page veut être le reflêt de ce que l'on peut ressentir autour d'une césarienne.

Merci de m'adresser vos témoignages par e-mail et de préciser si vous autorisez la publication sur cette page. Il est très important de nommer l'objet de votre mail *cesarienne* ou *témoignage* p.ex. pour passer le contrôle anti-spam !

Sauf exception, je réponds à vos mails individuellement dans les 2 à 3 jours.

Je rêvais d'un accouchement par voie basse, sans péridurale, mais ayant de l'hypertension durant la grossesse de mon premier enfant, il était impératif que je fasse une péridurale. A 35 semaines, bien que je sois médicalisée pour mon hypertension, les médecins ont décidés de provoquer l'accouchement ... Au bout de plusieurs heures on me fait cette péridurale qui m'a fait oh combien souffrir, puis une fois la poche des eaux percée, ma fille commençait à palpiter ... il a donc fallu avoir recours à une césarienne car la provocation n'avait pas fonctionné. C'était pénible et douloureux durant l'intervention .. .mais le plus triste était que je ne pouvais la voir ou la toucher car elle avait besoin de soins étant donné qu'elle était prématurée ... J'ai mis des mois et des mois à m'en remettre. J'avais la sensation de ne pas avoir accouché ... bien évidemment, les gens qui ne l'ont pas vécu vous dises...oui m'enfin ton enfant va bien ... tu sais un accouchement par voie basse c'est atroce ça fait mal ... .je présume oui que ça fait mal...mais au moins elles savent ce que c'est une contraction! Chaque fois que je voyais les femmes enceintes dans la rue un sentiment de tristesse et de nostalgie m'envahissait. Et puis voilà que quelques mois plus tard je suis de nouveau enceinte...de nouveau une hypertension mais non médicalisée cette fois car moins importante ... Je m'étais fais à l'idée d'une péridurale en me disant que si je pouvais accoucher par voie basse c'est toujours çà de gagner. Malgré la crainte de cette péridurale qui m'avait fait énormément souffrir la fois précédente, j'avais consulté à la fois une sage femme homéopathe et une sage femme sophrologue pour atténuer mon angoisse. Arrivée à la 37ème semaine, ma tension monte dangereusement et suite à un contrôle à la maternité on a décidé de me garder et de me faire accoucher encore une fois par césarienne. Le drame ... j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps ... j'aurais voulu au moins une contraction ... une seule pour savoir ce que ça fait. Mais mon col étant bien fermé et long il était pas possible de faire une provocation car je risquais une déchirure utérine ... J'ai eu une équipe formidable, adorable et surtout à l'écoute de mes craintes, de mes peurs, et de mes regrets. Du coup ils ont pratiqué une rachianesthésie, je n'ai absolument rien senti, j'ai eu le sourire durant tout l'accouchement et ... le plus beau cadeau, j'ai vu ma fille quand elle est sortie de mon ventre, j'ai pu la toucher et l'avoir un peu dans mes bras avant qu'elle ne parte en néonatalogie (petit problème respiratoire). Maintenant j'ai fais mon deuil de l'accouchement par voie basse, car j'ai vu ma fille sortir de mon ventre ... cette fois ... j'ai accouché. (S.F.D., juin 2010)

J'ai accouché le 28 avril 2010 à 3h48 ; j'ai vécu ma grossesse merveilleusement bien, sans douleur et avec une immense joie au quotidien. Ma soeur est sage-femme et elle m'a beaucoup aidée pour cette première grossesse. A aucun moment je n'avais réalisé que je pourrai avoir une césarienne le jour J.
Et le 27 avril à 12h30 j'ai perdu les eaux seule chez moi. Je n'avais aucune douleur, pas de contractions. Mon travail n'a commencé qu'aux environs de 17h. Mais quel travail!! Mes contractions ont tout de suite été très douloureuses et mon col lui ne s'ouvrait pas assez. Le monitoring que j'avais, depuis 13h30, montrait le rythme cardiaque de mon bébé qui n'était pas bon. Il était 2h30 du matin quand pour la première fois on m'a parlé de césarienne. En 9 mois personne ne m'avait jamais laissé entendre que je pourrai accouchée par césarienne, je n'ai eu qu'une heure pour m'y faire. A 3h30 ils m'ont emmené au bloc. J'ai bien sur pleuré mais je ne sais pas encore si c'était des les larmes de peur de ou de frustration. Ma seule joie dans cette épreuve fut bien entendu la vue de mon magnifique petit garçon. J'ai d'abord entendu ses cris et lorsque je lui ai parlé et donné un baiser, la magie entre nous s'est opérée et ses pleurs ont cessé. Ensuite il est parti voir son papa. Et j'ai pu les revoir tous les 2  une heure plus tard en salle de réveil. La sage femme m'a mis mon bébé sur la poitrine et il a tété pour la 1ére fois. J'aimerais dire à quel point l'allaitement au sein me fait du bien ; il me permet de vivre mieux cette première naissance. Et surtout de me sentir maman. Je passe des moments formidable avec lui et à voir le poids que mon bébé prend ( + 1kg500 en 1 mois et 1 semaine) il doit également apprécier le sein.
Enfin j'espère qu'il ne souffrira pas de sa naissance, si difficile pour moi. (M.D.C., juin 2010)

Je voudrais apporter un témoignage un petit peu différent sur la naissance par césarienne. Même si j'ai rêvé accoucher par voie basse, j'ai vécu cette césarienne comme une libération au vu de la tournure que prenait mon accouchement. Mon fils est né par césarienne il y a un an à J+6, après 38h de contractions sans effet sur le col.
Les contractions on commencé quelques heures après un décollement des membranes effectué le jeudi par la sage femme (à J+4), pour provoquer le travail.
Le vendredi à 2 heures du matin, j'ai ressenti les premières contractions douloureuses, espacées de 8-10 minutes. J'ai patienté jusqu'à 6h30 pour réveiller mon conjoint et lui annoncer que "c'était le moment". Mais arrivée à la clinique, mon col était a peine dilaté et on m'a renvoyée à la maison en me disant "à tout à l'heure, revenez lorsque les contractions seront espacées de 2 minutes".
J'ai de nouveau patienté jusqu'à 17h avec mes contractions toutes les 7 minutes, en respirant comme nous l'avons appris pour limiter les douleurs. A 17h, retour à la clinique et mon col en était au même point : on m'a à nouveau renvoyée à la maison ..
C'en est suivie une nuit entrecoupée de contractions toutes les 5 minutes... autant dire que j'ai très très peu dormi (même si je crois que j'ai du m'assoupir au moins une fois pendant 10 minutes !)
Le samedi à 6h du matin, je n'en pouvais plus et nous sommes retournés à la clinique. J'avais peur... peur que le bébé ne supporte pas autant d'attente et de contractions. Il ne bougeait presque plus, j'étais angoissée à l'idée qu'il lui soit arrivé quelque chose. Arrivée à la clinique, le monitoring était parfait. Il était calme mais mes contractions n'avaient pas eu beaucoup d'effet sur mon col. J'étais vraiment épuisée et j'ai réclamé qu'on me déclenche l'accouchement, il me fallait de l'aide.
A 8h30, on me pose la péridurale et les perfusions pour le déclenchement. La péridurale était magique ! j'ai été tellement soulagée et détendue que j'avais envie de dormir… et je pense que c'est pour cette raison que les contractions n'ont pas eu plus d'effet pendant toute la journée .
Les sages femmes défilaient dans la salle de travail pour vérifier tous les ¼ d'heure où en était mon col… rien de mieux. Vers 15h30-16h, le monitoring s'est un peu affolé. Mais je n'ai rien compris ! les sages femmes ont été vraiment très très délicates et douces même si j'ai entendu un « regarde les courbes, c'est pas normal… » qui m'a un peu déstabilisée. Elles sont allées chercher le médecin qui m'a dit « bon, il va falloir qu'on aille le chercher ce petit ! » avec un grand sourire.
A ce moment, j'ai pleuré… mais j'ai pleuré de soulagement ! enfin, nous allions connaitre notre enfant qui a tant fait attendre et enfin, je pouvais baisser la garde : on s'occupait de tout à ma place, on allait me soulager et soulager mon enfant ! OUF !
Mon fils est né à 16h20…je l'ai embrassé lorsque la sage femme me l'a présenté et je me suis laissée aller à mon bonheur pendant qu'on me recousait dans la salle d'opération et que mon fils était emmené dans les bras de son père.
Il faut dire que j'ai eu une drôle d'intuition quelques jours avant l'accouchement. Je regardais comme beaucoup de futures maman l'émission « les maternelles » qui a fait un sujet sur la césarienne. Et il y a eu un reportage qui montrait exactement ce que j'ai vécu (contractions sans effet pendant des heures / césarienne). J'en ai parlé à mon mari , en lui disant : « le jour J, tu mettras une chemise parce que s'il y a besoin d'une césarienne, ce sera toi qui aura le bébé en peau à peau. C'est important, je veux être sure que tu le garderas contre toi. » C'est exactement ce qui s'est passé : mes deux hommes sont restés collés en peau à peau pendant 2h, le temps que je sorte de la salle de réveil après la césarienne. Je n'ai pensé qu'à cette image pendant ces deux heures.
Je crois que c'est cette préparation psychologique à cette éventualité qui m'a complètement rassurée. J'avais vu comment ça pouvait se passer et ça ne m'a pas du tout inquiétée. Après coup, en écoutant mes amies raconter leur accouchement, j'ai même eu l'impression d'avoir eu de la chance car mes souffrances ont été , à mes yeux, bien moins importantes que les leurs ! je n'ai pas eu la douleur de l'expulsion ni celle de l'épisiotomie. La douleur de la cicatrice est pénible mais tout à fait gérable. J'ai mal supporté l'anesthésie (j'ai vomi toute la soirée) mais tout le reste s'est très bien passé. Je me suis levée au bout de 36h et j'ai allaité mon bébé sans aucun problème.
Mais ce n'est que mon expérience. Je changerai peut être d'avis pour mes prochains accouchements, si j'ai « la chance » d'accoucher par voie basse... (S.M., avril 2010)

Je viens de découvrir votre site via un article dans le Migros Magazine (19.01.2009) et en parcourant les témoignages je me suis mise à pleurer car bien que 25 mois se soit écoulés, je n'arrive toujours pas à lire un article sur les césariennes sans pleurer à chaudes larmes...
Après 2 longues années d'attente je suis finalement tombée enceinte par insémination artificielle début 2006. J'ai eu ce qu'on peut appeler une belle grossesse sans grosses complications. Mon mari et moi avons suivi les cours d'accouchement et fait de l'haptonomie. J'étais prête pour le jour J même impatiente je dirais.
A 5 jours du terme (samedi) j'ai perdu un peu de sang à mon retour de l'une de mes nombreuses visites nocturnes aux WC. Je réveille mon mari, appelle l'hôpital, mange une tartine,... 2 heures après nous voici à l'hôpital. J'ai des contractions très légères et très espacées. Après contrôle on me renvoie à la maison de toute évidence, j'ai juste perdu le bouchon muqueux. En fin de journée les contractions s'intensifient mais restent au-dessus de 10 minutes. Dimanche 5 heures du matin je n'ai pas fermé l'oeil étant réveillée toutes les 9 minutes... Nous nous rendons à nouveau à l'hôpital. Re-contrôle... mon col n'a pas bougé et les contractions sont trop espacées pour qu'on me garde. Le gynécologue de garde me donne néanmoins un suppositoire pour calmer les contractions afin que je puisse dormir un peu. Arrivée à la maison je m'empresse d'utiliser le suppositoire car je suis épuisée. Après 30 minutes dans le lit à me tordre de douleur toutes les 8 minutes (petite évolution...) je me relève. ça devient pénible car je suis épuisée. Mon mari va se coucher un moment. Il me retrouve en pleurs au salon à 21h je n'en peux plus, j'ai trop mal et les contractions sont toujours espacées de 8 minutes au moins et j'en suis à mon 4ème bain de la journée. Mon mari appelle l'hôpital et les prévient que cette fois on revient mais qu'il veut que je passe la nuit là-bas car je ne peux pas rester ainsi...
Arrivés à l'hôpital re-contrôle et oh miracle je suis dilatée à 2cm (il est dimanche 22h et cela fait plus de 24 heures que je ne dors pas). Mon mari et moi sommes aux anges dans quelques heures nous allons enfin rencontrer notre princesse. Le travail avance bien, à environ 6 heures du matin on me perce la poche des eaux, on nous dit qu'avant 7h notre puce sera là. Je suis sous péridurale, je ne souffre pas trop. La SF est encourageante, elle a vu les cheveux de notre bébé, j'essaie une première poussée... rien. On nous laisse encore un peu de temps. Soudain les appareils se mettent à sonner. Deux SF arrivent en courant et me disent de ne pas m'inquiéter, puis 2 autres SF les rejoignent. J'ai peur... Elles nous expliquent que moi et le bébé faisons de la tachycardie et en plus j'ai de la fièvre. Elles appellent le gynécologue de garde, celui-ci me propose d'essayer à nouveau de pousser. Rien à faire notre bébé remonte à chaque fois. Puis c'est au tour du médecin chef d'arriver, je pousse à nouveau... rien... on me dit que je devrais peut-être partir en césarienne. "Non je ne veux pas" ma voix se brise, je pleure. Je pousse une ultime fois, j'ai des SF et mon mari qui appuient sur mon ventre soudain le verdict tombe "on part au bloc sinon on va les perdre toutes les deux". Sur le moment, je n'ai pas compris. Je pleure, j'ai peur, peur d'avoir mal. Mon mari est parti se préparer. En salle d'op l'anesthésiste est odieux. Tout va très vite. Je sens qu'on me sort ma princesse du ventre, elle ne pleure pas tout de suite, on questionne le gynécologue avec inquiétude... ouf 8.14 notre perle pousse son premier cri. Je ne la vois que quelques secondes. Mon mari me l'amènera 30 minutes plus tard. 30 longues minutes où je n'aurais entendu que ses pleurs. Ensuite je vais en salle de réveil et je ne pourrais revoir ma fille que 2 heures plus tard.
Jamais je n'oublierais le premier bain que j'ai donné à ma fille. Je suis arrivée en chaise roulante parmi les autres mamans, incapable de marcher et de porter ma fille. Les autres mamans étaient debout à s'occuper de leur bébé et moi j'étais réduite à regarder des inconnues prendre soin de mon enfant, Jamais je ne pourrais oublier la douleur ressentie à cet instant, ce sentiment d'être impuissante, incapable de prendre soin de ma fille. On m'avait enlevé le droit de devenir mère.
Durant les mois qui ont suivis j'ai versé bien des larmes et j'ai entendu je ne sais combien de fois "mais vous allez bien c'est l'essentiel". J'aurais tant voulu que tout soit si simple. Voilà pour mon histoire.
Cela fait 25 mois maintenant mais la cicatrice est toujours là tant sur mon ventre que sur mon coeur. Je suis devenue une vraie mère poule qui s'inquiète au moindre rhume de sa fille mais ce n'est certainement pas pour rien. Je remercie les médecins de nous avoir sauvé la vie mais je n'étais pas prête à cela. Aujourd'hui mon mari aimerait un second enfant. Moi je ne veux pas car j'ai trop souffert de cette délivrance que finalement je n'ai pas vécue.
(D.B. janvier 2009)

Mon bébé était en siège (1ère grossesse). J'ai repoussé plusieurs fois l'opération pour accoucher par voie basse mais je n'ai perdu les eaux qu'au moment de partir au bloc (à terme +4). Aujourd'hui, 3 mois après la naissance de mon rayon de soleil, j'ai encore beaucoup de mal à accepter cette naissance 'bâclée". Mais je ne suis pas démoralisée pour un second enfant...
("émilie 68", avril 2008)

.... je réalise que penser à mes césariennes me fait pleurer. Je ressens une grande tristesse. Je me culpabilise de ne pas avoir pu mettre au monde mes enfants par voie naturelle. J'ai le sentiment d'avoir été violée dans mon intimité. Je ne parle pas de mes accouchements car j'ai honte. Je souhaite retrouver la paix dans mon coeur et guérir des cicatrices de mon âme et de mon corps ...      (S.M., nov. 2006)

J'ai très mal vécu ma césarienne qui était totalement inattendue. J'avais rêvé de ce jour pendant 9 mois, avait imaginé les plus beaux scénarios et après 14 heures de travail la nouvelle a l'effet d'une bombe dans mon cœur. Bien sûr bébé et maman vont bien (comme le prétendent beaucoup) mais j'aurai toujours cette sensation d'INACHEVE... comme si je n'avais pas mené à bien la "mission" qui m'avait été confiée. Cette impression que l'on m'a arraché mon bébé avec qui j'avais partagé des moments sublimes pendant ma grossesse.... il ne me reste qu'un seul voeu...pouvoir vivre une deuxième grossesse naturelle.... (M.E., mars 2008...1 an après)

J'ai découvert votre site après une césarienne surprise, alors que je me sentais un peu démunie et à la recherche d'informations sur ce qui m'était arrivé. Mon mari a trouvé surprenant que je lise avec autant d'intérêt vos articles, pour lui c'était fait, passé, donc on n'en parlait plus. Heureusement que vous étiez là pour que je trouve l'aide qui me manquait et les réponses à mes questions.
J'ai connu l'expérience de la césarienne pour ma 2ème grossesse. Première grossesse en 2006 sans aucun problème, accouchement très rapide après terme, après perte des eaux à la maison. Mai 2009 je tombe enceinte de mon 2ème fils, et je dois rester alitée à partir du 6ème mois car j'avais déjà des contractions et le col travaillait un peu. Finalement j'arrive au terme sans problème et l'accouchement est déclenché. Je suis à la maternité, et seulement 2 heures après la pose du gel à la prostaglandine j'ai des contractions vives et rapprochées. ça s'intensifie tellement que j'appelle mon mari pour qu'il me rejoigne. On m'avait prévenue que j'accoucherai 24 à 48 heures après la pose du dispositif, donc mon mari était rentré.
Mon mari arrive, je me sens déjà mieux de ne plus être seule. On m'examine, je suis dilatée à 6cm donc on me conduit en salle de travail, me prévenant que ça va tellement vite que je n'aurai sans doute pas le temps d'avoir une péridurale. Je n'ai pas eu le temps de trop y penser car immédiatement le monitoring a montré une chute brutale du rythme cardiaque du bébé. On m'a percé la poche des eaux pour encore accélérer les choses, mais c'était du sang qui coulait ! Et là j'ai eu le temps d'entendre "on fait une césa, on file au bloc", quelqu'un a signalé qu'il n'était pas en tenue, et l'anesthésiste qui était arrivé a répondu "on s'en fout, on se grouille!". Pour avoir déjà vu des reportages télé sur la césarienne j'ai pensé qu'on allait me mettre un rideau sur le ventre et que j'assisterai à l'intervention, mais on m'a mis un masque sur le visage et on m'a fait une anesthésie générale sans même me prévenir. Rien que de l'écrire, que de revivre la scène, j'ai les muscles qui se contractent, et je retrouve la tension musculaire qui était la mienne au réveil.
Je me suis réveillée 2h plus tard, mon mari m'a emmené mon fils, habillé, endormi. Je ne l'ai pas vu tout nu, tout mouillé, je n'ai pas vu ce regard si intense des bébés à la naissance. On m'a déconseillé d'allaiter après l'anesthésie générale et avec la césarienne. Je l'ai fait quand même, j'avais tellement besoin de compenser mon absence à la naissance. J'ai souffert physiquement, beaucoup pleuré, me demandant comment j'allais m'occuper de mes enfants avec une douleur pareille dans le ventre. Je faisais des cauchemars, je ne supportais plus les piqûres et les prises de sang.
On m'a expliqué le lendemain de l'intervention que j'avais fait un décollement du placenta et que mon bébé allait bientôt ne plus être oxygéné. Et je faisais une hémorragie, la césarienne était nécessaire et très urgente.
La psychologue de la maternité est venue me voir, m'a fait parler. Mais elle ne pouvait pas me rendre les images de mon bébé à la naissance, ce moment auquel je n'ai pas assisté, alors j'ai préféré ne plus la voir.
3 semaines après la naissance j'ai vu mon ostéopathe, ça a été une très bonne chose, les douleurs physiques ont cessé très très vite.
La douleur morale est toujours là, mais je la relativise. J'ai vu des parents de jumeaux handicapés moteur et cérébral. Ils ont manqué d'oxygène dans le ventre de leur mère au moment de l'accouchement, l'accouchement n'a pas été assez rapide, ils sont nés par voie basse mais il y a eu un problème qui fait qu'ils ont manqué d'oxygène avant de naître. Ils ont 12 ans, se déplacent à 4 pattes et passent la semaine dans un centre spécialisé. J'ai alors compris d'un coup tout ce que la césarienne avait permis ! Mon enfant a été sauvé, il est vivant et en très bonne santé. Alors oui ce n'est pas ainsi que je concevais cette naissance, mais finalement elle a été celle qui fallait au moment où il fallait et finalement ma cicatrice dessine un sourire quand je la regarde !!
Merci de m'avoir lue, ça me fait du bien d'exorciser sur le papier cette naissance qui m'a tant fait souffrir les 1eres semaines (mon bébé a maintenant 3 mois). (M.H., avril 2010)

Je suis maman de deux enfants et enceinte du troisième. Ma première fille est née par voie basse (long, très long travail, forceps) en 2000, ma seconde fille est née par césarienne en urgence après un long, très long travail inefficace, en 2002. Cette troisième naissance est prévue par césarienne dans un tout petit mois, 2010. J'ai trouvé très troublant la césarienne, le fait que mon bébé soit éloigné de moi si vite, heureusement que le papa a suivi tous les faits et gestes du personnel de la maternité, il a commencé le chemin avec notre fille. J'ai détesté aussi les douleurs qui ont suivi et perduré durant longtemps. Je pensais avoir loupé quelque chose de PRIMORDIALE en ne partageant pas avec ma fille ses premiers instants, j'ai lu par la suite des femme ne se trouvant pas complètement mère à la suite d'une césarienne, certaines parlent d'échec, d'incompétence, ceci m'a encore plus trouble, m'a envahi de sentiments qui ne m'étaient pas spontanément venu. Pour ma part, les années qui ont suivi m'ont appris qu'être mère c'est chaque instant de notre vie avec les enfants, les séances de rattrapages sont légion. Comme lorsque mon aînée a eu un diagnostique cancéreux à 8 ans, j'ai bien compris qu'être n'est pas de mettre son enfant au monde de façon naturel ou non, c'est être présente dans les événements terribles de la vie, ne pas lâcher, permettre de grandir, donner espoir alors qu'on doute, encourager à recevoir des traitements parfois très douloureux, aider l'autre enfant à être un enfant malgré le contexte d'angoisse, l'accompagner à l'école, fêter les anniversaires... aujourd'hui ma fille va bien, mais le traitement n'est pas terminé. Depuis cette maladie, il ne m'est plus jamais venu à l'esprit que je n'avais pas été compétente pour mettre un enfant au monde, j'ai été compétente toutes les années qui ont suivi, et même si je redoute les divers maux de cette prochaine césarienne, je sais que ce qui comptera sera ma vie avec ce nouvel enfant, l'intégrer dans une famille qui l'attend. Ne soyez pas trop dure avec vous même, une césarienne est une façon de mettre au monde, et si vous vous sentez dépossédée momentanément de votre enfant, pensez à toutes ces années ou vous serez leur guide, leur tendresse, leur soutien dans leur apprentissage d'enfant. (P.F., mars 2010)

Témoignage d'un père
Septembre 2009
: Et tout d'abord merci d'avoir créé ce site: quel soulagement de pouvoir tomber sur des informations relatives aux césariennes, tant du pont de vue médical que du point de vue psychologique, point de vue généralement non abordé (ou si peu) sur d'autres sites voire dans certains livres célèbres sur la grossesse! J'avais besoin d'être rassuré. Après avoir lu tous les témoignages, il ne me semble pas en avoir vu venant de papas. Je souhaite apporter ma modeste contribution... provisoire. En effet, mon épouse et moi avons eu la confirmation aujourd'hui qu'il fallait programmer l'accouchement par césarienne ce  mardi 15 septembre (nous sommes vendredi): lors de la dernière visite, un bassin trop étroit était suspecté, ce qui a, hélas, été confirmé aujourd'hui après un scanner. Hélas, parce que, en tant que futur papa aussi, j'idéalisais l'accouchement de notre premier enfant: j'essayais déjà de m'imaginer les émotions en voyant apparaître la tête de notre enfant. De ce point de vue, je rejoins plutôt le ressenti décrit dans le chapitre "Vécu de la mère", et j'avoue ne pas très bien comprendre le chapitre dédié au père. Cependant, comme rapporté dans d'autres témoignages, personne ne réagi exactement de la même façon. D'ailleurs, mon épouse, qui vient de rentrer d'un souper, semble plus sereine que moi. Tant mieux: cela me tranquillise aussi. Je craignais qu'elle soit aussi anxieuse à propos de ce qui est relaté dans les témoignages. C'est vrai qu'il faut reconnaître les mérites d'une médecine qui anticipe ce genre d'imprévu et évite donc des problèmes qui, à une autre époque, pouvaient être plus ou moins lourds de conséquences. Il nous reste encore quatre jours avant la naissance de notre enfant (nous avons choisi de ne pas connaître le sexe): c'est un sentiment spécial. J'espère que, comme le gynécologue qui suit mon épouse, l'ensemble de l'équipe sera humain et sympathique. Je retiens de tous les témoignages laissés sur ce site que l'encadrement médical et surtout humain (donc psychologique) a une importance capitale quant à la perception de la césarienne. J'avoue, pour ma part, que la première moitié des témoignages m'ont plutôt démoralisé. Heureusement, la deuxième moitié m'a rendu beaucoup plus d'optimisme: est-ce le fait d'avoir "digéré" les premiers témoignages et ainsi en quelque sorte "notre" future césarienne? Je ne manquerai pas, après l'accouchement, quand j'aurai un peu de temps, de compléter ce témoignage. Encore merci pour ce moyen d'expression.

En ce qui concerne le chapitre "père", et après l'avoir relu, il se fait en fait qu'il n'y a que peu de chose que, personnellement, je ne partage pas: en fait, étant encore un peu "sous le choc", je n'ai retenu, dans un premier temps, que quelques phrases qui ne me correspondaient pas.   Je vous laisse mes réflexions à côté des phrases qui m'interpellent: "Mais en matière de césarienne, on peut imaginer un certain soulagement du côté des hommes: (personnellement, ce n'est donc pas mon cas) si elle est programmée à l'avance, ils peuvent s'organiser notamment avec leur employeur par rapport au congé (je ne peux nier cette "facilité"). Si la césarienne se décide en cours de travail, cela signifie la fin d'un état d'impuissance relative et un passage à l'action vu souvent comme soulageant et salutaire (finalement, je préfère qu'on l'ai su à l'avance; je pense que cela m'aurait fait plus paniquer durant le travail)." et "L'expérience montre que leur écoute et leur patience par rapport au vécu de la césarienne de leur femme durent un certain temps, mais ensuite il faut "passer à autre chose, oublier tout ça, ne pas en faire un drame" (je n'ai pas l'impression que ce sera mon cas, du moins, je l'espère) ….. L'important pour lui ne se situe pas dans le déroulement de la naissance et sa masculinité n'en est pas du tout vulnérabilisée. (à titre personnel de nouveau, si la reconnaissance du père se fait aussi au niveau social, je pense me préoccuper davantage du bien-être de mon épouse et de notre bébé pendant et après l'accouchement."  Je tiens aussi à préciser que j'aurai la chance d'avoir un peu plus de trois semaines de congé, qui ne seront certainement pas de trop pour accompagner mon épouse et notre enfant. En Belgique, en tant qu'enseignant, nous bénéficions de 10 jours de congé à prendre dans les 20 jours ouvrables suivant la naissance. Etant donné que toutes mes heures d'enseignement sont regroupées sur 3 jours par semaine, j'aurai 3 semaines et un jour. Je ne sais pas ce qu'il en est dans les autres pays...   Je vous laisserai évidemment afficher mon témoignage, pour autant que vous puissiez le trouver "utile". Je ne prétends cependant pas refléter une opinion générale des pères face aux césariennes.    

Janvier 2010: Je vous apporte enfin la suite de mon témoignage, commencé en septembre avant la naissance de... notre fils. Je suis désolé de ne vous recontacter que maintenant mais je préférais avoir un certain recul, toutefois pas à ce point-ci. Vous êtes encore certainement mieux placée que moi pour savoir que le "métier" de jeunes parents est plutôt prenant.   Cela fait maintenant 17 semaines que notre fils est né, par césarienne. Tout d'abord, nous (mon épouse, notre fils et moi) sommes très heureux. De manière générale, tout s'est très bien passé et nous retenons avant tout de cette naissance, fût-elle par césarienne, que c'était la naissance de notre premier enfant, un moment chargé d'émotions extraordinaires.   La césarienne en elle-même s'est bien passé: le contact avec l'anesthésiste a tout d'abord été excellent, le gynécologue s'est toujours voulu rassurant et a apparemment bien "travaillé". Surtout, nous étions entourés d'une équipe d'infirmières très gentilles, dont une qui a particulièrement bien rappelé au gynécologue que c'était notre premier enfant et que nous souhaitions découvrir le sexe de notre enfant nous-mêmes.   Même si ce n'était pas la venue au monde idéale que nous espérions (accouchement par voix basse), le moment où nous avons découvert notre enfant et que c'était un garçon a été extraordinaire (cela l'aurait été aussi si notre enfant avait été une fille). Mon épouse a pu le voir et le toucher un peu avant qu'il ne soit emmené par l'équipe d'infirmières que j'ai accompagnées. J'ai pris bien soin, comme vous me l'aviez recommandé, de filmer ces instants et de prendre des photos pour que mon épouse, qui était encore dans la salle d'accouchement pour se faire recoudre, puisse aussi en profiter d'une certaine manière.   Après quelques brefs examens, j'ai pu avoir un peau à peau avec mon fils pendant une vingtaine de minutes avant que mon épouse revienne. Ce contact était très intense et un moment de grande complicité père-fils. Rapidement, mon épouse a pu se joindre à nous (sans passer par une salle de réveil) et a alors allaité pour la première fois. L'anesthésiste s'était d'ailleurs inquiété du fait que l'on n'amène pas notre enfant à sa maman pour qu'elle puisse allaiter, vu qu'il connaissait ses intentions. Mais cette absence, du point de vue de mon épouse, a été réduite le plus possible.   Evidemment, ensuite, il y a eu les désagréments liés à cette intervention non banale: vu les anti-douleurs que mon épouse avait reçus, elle a eu quelques nausées qui se sont étalées périodiquement pendant toute l'après-midi. Ce n'était pas très joyeux... La douleur qu'elle a ressenti le lendemain en se relevant pour la première fois et en se mobilisant était assez forte mais répondait assez bien, heureusement, à l'ensemble Dafalgan et Cataflam.   Aujourd'hui (près de quatre mois plus tard) susbistent encore, au niveau de la cicatrice, quelques tiraillements... qu'une pommade aide à faire passer.   Dans l'ensemble, même si ce n'était pas la naissance que nous souhaitions, nous gardons un sentiment positif. Bien sûr, mon épouse ne se réjouit pas non plus d'avoir sa prochaine césarienne (puisqu'elle a un bassin trop étroit qui nécessitera une césarienne pour chaque naissance). Même si notre gynécologue nous a rassuré quant au nombre de naissance par césarienne qui pouvait aller jusqu'à quatre ou cinq. Une chose à la fois...   Nous retenons aussi qu'il vallait mieux, en tout cas pour nous, que l'on puisse se préparer quelques jours à l'avance plutôt que d'être mis devant le fait accompli pendant le travail. Et heureusement, nous avons été entourés par une bonne équipe médicale à la maternité.   Encore merci pour votre site qui ne peut faire que du bien. (G.D., janvier 2010)

Malheureusement je découvre ce site trop tard... J'ai vécu une grossesse merveilleuse... Je suis tombée enceinte grâce à une doctoresse spécialisée en procréation médicalement assistée. J'ai eu énormément de chance car le traitement FIV ICSI a fonctionné du premier coup. J'ai vu mon bébé pour la première fois à l'échographie le 18 décembre 08. Mon bébé a été conçu le 6 novembre 08 et transféré dans mon ventre le 8 novembre 08. Les jours se sont écoulés, comme tout le monde, j'ai attendu les 3 mois fatidiques pour commencer à acheter des bodies et autres chaussons de laine. Ma grossesse se déroulait sans aucune complication, mon bébé était dans les normes (qu'est ce qu'une norme en ce domaine?). J'avais un peu mal au dos, alors j'ai décidé d'aller au cours de piscine pour femmes enceintes. Ce cours a été salvateur, 3 séances plus tard je n'avais plus mal au dos. Et les jours s'écoulaient dans la joie et la bonne humeur. Je grossissais à vue d'oeil (j'ai pris 27 Kg!!!!). A chaque visite mensuelle, mon gynéco m'expliquait que mon accouchement allait bien se passer, à part du fer, je n'ai rien dû prendre comme médicament. Et lors de mes cours de piscine hebdomadaires une sage femme nous donnait des conseils sur la respiration, les positions à adopter lors du travail. Ca paraissait tellement simple et surtout, tous les trucs qui m'étaient enseignés, je pouvais les reproduire chez moi, pour apprendre à bien respirer. Plus les jours passaient et plus je commençais à avoir peur. Parfois, dans ma tête je me disais, et si je devais avoir une césarienne... Oh, ça ferait moins mal, ça irait plus vite, je me disais. Puis ensuite, je me raisonnais et je me disais que j'étais folle de penser ça. Puis le terme approchait. Ouf, mon bébé n'allait pas naître prématuré. J'ai, en plus des cours de piscine, suivi les cours de préparation à l'accouchement dispensés par les sages femmes de l'hopital. J'y retrouvais les sons graves et les mêmes conseils que le samedi, mais ça me rassurait d'y participer. J'ai aussi suivi un stage de portage en écharpe et un stage sur l'allaitement. Je ne savais pas à la base si j'allais allaiter, mais je me disais que si je n'essayais pas je risquais de le regretter. Puis un dimanche de juillet, dans la nuit, j'ai couru aux toilettes, je pensais que j'étais incontinente car j'avais perdu quelques gouttes, et je n'avais pas eu le temps d'aller sur les toilettes! Après une douche, je suis retournée me coucher, pour quelques minutes, car une nouvelle course effrenée vers les toilettes à de nouveau été un échec! Mon mari m'a dit de téléphoner à l'hopital. Je n'avais aucune contraction, je n'en n'ai jamais eu lors de ma grossesse (enfin certainement que oui, mais jamais aucune douleur). La sage femme m'a dit de venir à l'hopital. Nous y sommes arrivés vers 7h00 du matin. Mon mari avait mis la valise dans le coffre (contre mon gré, je pensais juste que j'avais une petite infection urinaire, car il restait une semaine pour aller à terme). Lors de l'examen, la poche des eaux a été rompue. En fait, elle était fissurée, puis le bébé ayant été bougé, elle a été rompue. Ils ont décidé de me garder. Pendant 36 heures je suis restée sous monitoring: je ne ressentais aucune contraction et mon bébé allait bien. Au bout de 36 heures, mon médecin est arrivé et et m'a annoncé que les nouvelles n'étaient pas bonnes. Il ne pouvait pas provoquer car il soupçonnait un problème avec mon bébé. Il m'a donc annoncé que soit le travail se mettait en route naturellement, soit il devait me faire une césarienne. A peine le docteur parti de la chambre, mon travail s'est mis en route. Je hurlais de douleur. J'ai été placée dans la salle de travail à 21h le mardi soir. à 5 heures du matin, la sage femme m'a annoncé qu'ils allaient me mettre sous péridurale. A 7 heures du matin, le travail s'était arrêté. A 8 heures du matin, mon médecin m'a annoncé que je devais passer en salle d'opération et que mon mari allait pouvoir assister à la césarienne. A 11 heures du matin, Bérénice est née, magnifique enfant. J'ai souffert, comme jamais je ne pensais qu'il était possible de souffrir. J'ai rêvé (enfin, cauchemardé) de mon accouchement pendant des semaines. Lorsque mon bébé a eu 2 mois, j'ai fait une dépression post partum. Je suis toujours dedans, je n'arrive pas à oublier cet échec. Lorsque je lis sur le carnet de santé de mon bébé que j'ai eu une césarienne en urgence, j'ai envie de pleurer. Mon bébé est toujours autant magnifique, elle est adorable, fait ses nuits complètes depuis qu'elle a un mois et demi, je l'allaite toujours. J'ai repris le travail depuis 2 semaines, je ne suis plus traitée pour ma dépression, je n'ai plus le temps d'aller chez la psychologue (car je retravaille et dès que j'ai fini au bureau, je file chez moi pour revoir mon bébé). Je n'ai pas pris les antidépresseurs que le docteur m'a prescrit. Il voulait que j'arrête d'allaiter mon bébé pour les prendre. Je vais mieux, de jour en jour. Il me reste 6 kg à perdre sur mes 27. J'ai juste très peur de ne jamais oublier. J'ai juste très peur de subir cela à nouveau. Mon mari n'avait pas compris que j'étais très mal, il me voyait sourire à mon bébé et m'en occuper tellement que je m'en oubliais moi. Lorsqu'il a lu le compte rendu médical, il a compris. J'ai découvert votre merveilleux site trop tard, mais en fait, il n'est jamais trop tard... (M.M., déc 09)

La naissance de ma fille, ma renaissance par voie basse. (accouchement par voie basse après deux césariennes)
Je n'avais jamais imaginé avoir un jour une césarienne, encore moins une seconde. A vrai dire je n'avais pas pensé accoucher autrement que « normalement ».
Ma première grossesse se passe à merveille puis, au dernier contrôle, retournement de situation. Mon gynécologue nous informe « Ho, votre fils a décidé de remettre se tête en haut !?! C'est rare …» Peu motivés pas sa présentation de la version externe, nous décidons de prendre acte de la nouvelle position de notre bébé et « acceptons » la césarienne.
Regret … Une réussite médicale, un échec d'empathie … Je n'avais jamais imaginé que c'était ça une césarienne. Mon corps et bébé ne me donnent aucun signe de naissance imminente. Je suis hospitalisée seule la veille de la césarienne à 39 semaines, tout est programmé, je n'ai pas mes lunettes, j'attends devant le bloc qu'ils nettoient le sang de la précédente, l'anesthésiste me dit en plaisantant qu'il « fait le chemin pour les suivants ».
Je ne vois pas Timéo, je l'effleure 5 secondes. Je m'étouffe en mangeant du riz pour mon premier repas…
Je pense avoir digéré la naissance de Timéo jusqu'à la naissance naturelle de la fille d'une amie 11 mois plus tard… J'ai mal, je suis envieuse, j'ose dire jalouse, je suis contente pour elle et j'en pleure.
Puis notre 2 ème bébé s'installe, je rêve d'une naissance naturelle. Mon gynécologue est favorable à tenter une voie basse. Ma grossesse est à nouveau harmonieuse, je suis confiante. Je fais de l'acupuncture pour avoir des moments bien-être. Tout roule, notre 2 ème garçon n'est pas pressé, je dépasse le terme et la provocation est prévue à J+7, mais je rentre à J+5 à la maternité : je suis heureuse, j'ai des contractions toutes les 10 minutes depuis 1 heure !!!
32 heures plus tard, après 6 heures couchée en salle d'accouchement sous péridurale je suis dilatée à 5 centimètres . Colin descend et monte à chaque contraction, toutes les minutes, il fatigue et je crois mourir. Mon médecin me prend la main : « Il faut que je vous fasse une césarienne. ».
Emotions ambivalentes… J'ai échoué, ce n'est pas juste, j'ai tellement mal, je suis si fatiguée, je suis soulagée, je suis triste. Nous avions parlé de ce scénario avec mon gynécologue. Je peux garder mes lunettes, je peux toucher Colin, le tenir un instant et le garder en couveuse à mes côtés au bloc. 23 mois après ma première césarienne, une nouvelle. Un même chemin dans des conditions différentes. Je me remets bien plus vite.
Nous avons le projet d'un 3 ème enfant. Je culpabilise quand ma première pensée, à l'évocation de ce futur bébé, va au déroulement de sa naissance. Pourquoi ?
Je travaille avec mon acupunctrice-thérapeute, les sanglots de ces accouchements ratés remontent à la surface. Rien n'est digéré. Il me manque un bout de mon histoire de maman, je ne me sens pas capable de mettre mes enfants au monde, mon corps me trahit. Pourquoi moi ? Pourquoi dois-je subir les naissances de mes enfants, pourquoi … ?
Je surfe sur le net, je découvre cesarienne.net et ses témoignages. Je trouve le lien pour le forum de cesarine et voici la suite de mon histoire… Je ne suis pas seule avec mes ressentis, il est possible de tenter un accouchement voie basse après 2 césariennes (ava2c). Je passe de longues heures à lires des témoignages, à parcourir des études, à m'informer. C'est le début de mon parcours de combattante !
Nous ne sommes pas encore en essai de bébé, mais je tiens à aller voir mon gynécologue pour connaître sa position, avant d'être prise par le tourbillon hormonal de la grossesse.
Il est clairement opposé à ma démarche, il faut programmer la 3 ème césarienne au plus tard à 38 semaines. Je me décide à changer de médecin, mon corps m'appartient et je veux bien d'une 3 ème césarienne mais ma limite ultime est « pas de programmation » !
Mon mari commence à comprendre que je ne suis pas juste en plein délire, je suis déterminée et j'ai besoin de son soutien. Je fais de mon mieux pour lui partager mon ressenti des césariennes dont je l'ai passablement préservé jusque là (mais pourquoi ???).
La vie est généreuse, à peine décidés, bébé s'est installé ! Je dois trouver un gynécologue !!!
Lors de mon premier rendez-vous, je fonds en larme. C'est incontrôlable, je sais qu'une 3 ème césarienne n'est pas obligatoire donc je n'en veux pas. Ma gynéco prend acte et me dit que nous allons prendre le temps de reparler de tout cela, une 3 ème césarienne est tout de même le protocole, mais on peut éviter de la programmer. A chaque rendez-vous ma détermination grandit, je ne suis pas une patiente conciliante et je m'informe.
J e rencontre une sage-femme conseil qui m'encourage à demander un 2 ème avis médical si ma gynéco ne me suit pas.
Puis la première bonne nouvelle : ma gynécologue et son mari, gynéco aussi, acceptent de tenter l'aventure. Je dois répondre à certains critères ; présentation céphalique, mesure du segment inférieur à 36 semaines. Je suis à 5 mois, plein d'énergie positive, la confiance en moi et mon bébé grandit.
Je tiens à mettre toutes les chances de notre côté, je ne veux pas nourrir de regrets. Séances d'acupuncture, chant prénatal, ostéopathie.
Je parle à mon bébé, ma confiance est au top. Je prépare un projet de naissance voie basse et un projet de naissance voie haute avec mon médecin (c'est le mari gynéco qui a pris le relais). Mon objectif : être actrice de la naissance de mon 3 ème enfant, quelle que soit sa porte de sortie.
J'ai rendez-vous pour ma mesure de segment inférieur chez un confrère de mon gynéco. En 2 secondes mon projet se trouve anéanti, ma mesure est 0.6 mm en dessous de la norme préconisée. Je suis mortifiée, je viens de me faire couper les ailes en plein vol. Je pleure, je crie ma colère, mon sentiment d'injustice. Je ne vois rien de l'échographie qui suit cette mesure, ma tête est simplement coupée de mon corps, cette partie de moi qui une nouvelle fois me lâche.
Deux jours passent, au rendez-vous chez mon gynécologue mon mari est l'interlocuteur de notre médecin ; je ne peux pas ouvrir la bouche, je suis pourtant arrivée jusque là, pourquoi ???
Ils parlent facteurs de probabilité, l'influence d'une différence de 0.6 mm ? Je n'écoute qu'à moitié, à quoi bon, autant m'ouvrir le ventre maintenant que cela cesse…En désespoir de cause je dis ma tristesse, mon incompréhension alors que je sens enfin mon corps être un allié, je n'ai jamais senti un bébé aussi engagé vers la sortie.
Et là, surprise, mon gynécologue accepte que nous continuions l'aventure avec un contrôle hebdomadaire ; pour ce médecin mes perceptions sont un indicateur valable. Il a entendu que je souhaitais que nous laissions une chance à la vie, mais que je ne voulais pas prendre des risques inconsidérés. Mon médecin espère me voir accoucher avant terme, mon bébé devrait atteindre 4kg.
Les jours passent, je fais un monitoring par semaine, puis un contrôle du col. Il est mou mais mon bébé est coincé sur ma symphyse… Je me sens sous pression. La position du bébé n'est pas optimale, il devrait être plus bas, pourquoi ne descend-t-il pas ?
J'ai de gros moments de doutes, de découragements, cela vaut-il vraiment la peine ?
Je continue mes séances d'acupuncture, mon mari apprend des points d'acupressure pour le jour J, je fais des 8 avec mon bassin, de l'ostéopathie. Mot d'ordre : faire descendre bébé…Je ris, je pleure, je ris, je pleure …
J-1 du terme, toujours rien. Mon moral est au plus bas, je ne me sens pas la force de devoir négocier un dépassement de terme, mon médecin ne me semble pas très favorable, je ne peux pas être provoquée… Soit bébé se décide, soit ils viendront le chercher. Mon mari me rappelle que rien n'est encore joué, que je n'ai pas fait tout ce chemin pour baisser les bras un jour avant.
Il est 23h30, je vais me coucher, triste et résignée.
Minuit, de drôles de sensations aux reins me réveillent…
3h30 : nous sommes à la maternité, je demande un ballon, je veux bouger !!!
5h00 : en salle d'accouchement, j'ai accepté la péridurale pour éviter une éventuelle AG. J'espère que cela ne freinera pas le travail.
10h00 : je suis à dilatation complète, bébé peut choisir de descendre…
Il est midi, je dois pousser pour faire naître notre bébé, je ne sais plus comment faire.
La sage-femme me dit de lâcher prise. Je lui demande si je peux toucher la tête de mon enfant. Au moment où je sens le haut de son crâne aux limites de mon corps je réalise que je peux y croire : je vais le faire, je vais accoucher, personne ne va me dire qu'il est temps de faire une césarienne, et je lâche toutes mes barrières. Je pousse, je pousse et je vais chercher notre enfant entre mes jambes, je le pose sur moi, l'embrasse, je plonge mes yeux dans son premier regard et j'y reste…. Je sens son odeur, notre odeur mélangée, sa peau toute gluante si agréable, sa chaleur, ses premiers mouvements et je découvre que c'est une fille… Le cadeau final de cette aventure. Il me semble que nous sommes seuls sur une île déserte, mon mari, Zoé et moi.
Accoucher n'est pas sans douleur, mais je l'oublie dès que je tiens ma fille dans mes bras.
Il me faut plusieurs semaines pour réaliser ce que je viens d'accomplir, je suis euphorique, je plane sur un doux nuage rose.
Je me sens enracinée dans la maternité par le rituel de l'accouchement. Je découvre que je peux caresser ma cicatrice des césariennes.
J'ai le sentiment d'avoir eu la chance de connaître la voie haute et la voie basse. Chaque naissance est unique, chaque ressenti également, mais une chose est sûre c'est que je ne ferai jamais partie de ces personnes qui trouvent la césarienne facile et le disent aux jeunes mamans encore sous le choc.
Je suis fière de mon chemin intense et émotionnellement mouvementé ; j'ai trouvé le soutien précieux de mon mari, de deux amies très proches sans qui j'aurai flanché plus d'une fois. .... Toute cette aventure est un cadeau de la vie, une reconnexion entre mon corps et mon esprit et une affirmation de moi jamais atteinte jusqu'à ce jour-là qui m'aura permis d'offrir à ma fille une naissance douce et une autre naissance à mon mari…Merci. (Carole, octobre 2009)

Je viens de lire des sentiments que je ressens mais sur lesquels je n'avais su poser de mots. J'ai eu une césarienne il y a 6 mois. Ma fille était en siège, et j'ai commencé à perdre du sang à 35 SA et début du travail. J'ai donc été hospitalisée sous salbumol pour arrêter le travail et les pertes de sang. Une semaine plus tard, bébé n'avait pas eu le temps de se retourner, le travail a repris de plus belle malgré le salbumol, j'ai donc eu une césarienne. L'intervention en elle-même s'est super bien déroulée : équipe top, on m'a tout décrit. Par contre ma fille étant prématurée on me l'a montrée que quelques secondes et elle est partie en couveuse.  
Sur le coup j'aurai tendance à dire que j'ai un excellent souvenir de ma césarienne, de ce moment précis, techniquement parlant. Mais sur le point émotion et sentiment c'est tout autre. Les jours, les mois qui ont suivi ont été très durs, je pleurais tous les jours sous la douche, sous cette eau chaude, comme si c'était le seul réconfort, un câlin de chaleur qui coulait sur moi et qui me câlinait, qui était tendre avec ce corps qui avait eu et avait encore mal. Car devant mon entourage je faisais bonne figure, je n'ai jamais craqué ni parlé de mon ressenti face à cet événement « non vécu », j'ai toujours su que je ne serai pas comprise : « tu vas bien et le bébé aussi, c'est le principal ». Oui mais tout n'est pas blanc ou noir, on n'est pas mort ou vivant.  
La césarienne c'est une grossesse non finie, je ne peux pas dire que j'ai accouché, j'ai l'impression de mentir, car je n'ai pas accouché. J'ai été enceinte, je suis maintenant maman, mais je n'ai pas accouché, c'est comme ça que je le ressens, si quelqu'un me parle de mon « accouchement » je me sens obligée de le reprendre, car j'ai comme l'impression si j'acquiesce de m'attribuer quelque chose dont je n'ai pas le mérite. J'avais toujours rêvé d'accouchement naturel, depuis des années, même avant de commencer à essayer de concevoir (et on a mis 4 ans à réussir à ce que je tombe enceinte avec IAC et FIV), je voulais même accoucher sans péridurale !  
Le sentiment premier qui me vient, que j'avais également ressenti alors que je faisais mes traitements pour tomber enceinte est le suivant : la nature ne veut pas que je sois maman, peut être que c'est le destin, que je ne suis pas faite pour ça, je vais peut être rater mon rôle de mère et c'est pour ça que la nature a décidé que je ne devais pas être enceinte. Puis ça m'a passé, pendant ma grossesse. Mais après la césarienne se sentiment est revenu de plus belle. Ayant perdu beaucoup de sang et ma fille étant née prématurée, je me suis dit, « c'est pour ça que je ne tombais pas enceinte ! c'est parce que mon corps n'était pas capable d'encaisser la grossesse, la nature voulait me sauver en quelque sorte ! ». En fait si j'avais vécu il y des centaines d'années j'en serai morte. Je ne sais pas si on va me comprendre mais c'est ce que j'ai ressenti, que je n'étais pas capable physiquement d'être maman et d'être enceinte. Je me suis sentie ratée et incapable de faire la chose la plus basique et animale qu'il soit : me reproduire, c'est tordu je sais, mais c'est la vérité.  
J'ai aussi eu énormément de mal à comprendre, à ressentir que ce bébé à coté de moi était le mien ! En plus je n'ai pas pu m'occuper d'elle pendant plusieurs jours, je ne réussissais pas à me lever sans faire de malaise et elle était en couveuse, hors de question pour moi de risquer de tomber avec elle dans les bras. On me la donnait pour que je l'allaite dans mon lit, ça c'est un truc que j'ai réussi ! Je l'allaite encore à 6 mois et ça se passe à merveille, je pense que ça m'a aidé à réaliser en plus !  
J'ai depuis pris ma revanche et je suis, en toute objectivité (lol), une super maman, je suis toujours là pour elle, c'est un ange, une perle et je me dis que outre son caractère de base, si elle est aussi équilibrée c'est qu'on se débrouille plutôt bien ! Je suis impatiente déjà d'avoir un second enfant et je me prépare à une autre éventuelle césarienne, je sais ce que je ferai : toucher mon ventre une dernière fois juste avant (j'ai lu un témoignage similaire) j'ai aussi beaucoup de regret de ne pas l'avoir fait car on ne réalise pas que quelques instants plus tard on ne sera plus enceinte, mais ça ca vaut aussi pour les accouchements naturels, l'état de grossesse nous manque vite !  
Concernant l'acte de césarienne en lui-même, j'ai un très bon souvenir mais j'ai aussi été très surprise, je ne m'attendais pas du tout à tout ressentir comme ça, on a pas mal mais on sent tout, on entend tout, on sent les outils posés sur son ventre, ça sent le « cramé » quand on nous cautérise etc...on sens passer la sonde urinaire car on nous la pose avant d'être endormie ! (quelle idée !) et honnêtement quand on m'a montré mon bébé je ne l'ai pas reconnue, comme peuvent le dire les mamans qui ont accouché par voix basse, je culpabilise mais c'est comme ça, je ne l'ai pas reconnue, j'ai du me le dire et me le répéter : « c'est ton bébé ».  
Des fois quand je parle de naissance, de bébés etc avec des amies, j'ai tendance à les trouver déplacées lorsqu'elles se plaignent de certains passages de leur accouchement par voie basse, je les trouve culotées de dire ça devant moi, car j'en souffre et je suis jalouse, je dois bien le dire. Ca me fait mal qu'elles aient pu vivre ça et que je ne puisse pas participer et les comprendre. Mais en y réfléchissant mon problème n'est pas de ne pas pouvoir les comprendre mais plutôt de ne pas être comprise. Et je ne le serai jamais, tout comme je ne serai jamais comprise de ce que j'ai vécu pour tomber enceinte, de cette attente et de cette douleur de se sentir incapable.  
Je viens d'envoyer mon témoignage et je me rends compte qu'à aucun moment je n'ai parlé du papa, et pourtant... Je crois que je n'en ai pas parlé tout simplement parce qu'il n'en fait pas partie. C'est ça le drame, il n'a pas fait partie de ce moment, j'aurai tant voulu voir sa tête, ses yeux lorsqu'il découvrit notre fille, je ne peux et ne pourrai à tout jamais que l'imaginer, en rêve, là voyant si petite. Nous avons vécu ce moment seuls chacun à notre façon, peut être est ce pour ça que nous avons du mal à nous retrouver. Nous nous sommes quittés pendant la grossesse et retrouvés ensuite parents avec un « trou » dans notre histoire. Il n'a pas de moi cette vision de sa femme qui donne la vie à son enfant, fait il le lien de son coté ? Réalise t'il ce que j'ai vécu, ce que j'ai fait ? j'aurai voulu qu'il me vois pousser, sortir notre enfant, qu'il me soutienne et qu'il m'admire pour ça. (E., et R. née par césarienne en avril, octobre 2009)

Cela fait trente ans que j'ai eu mes enfants par césarienne (2 garçons) 33 ans et 29 ans aujourd'hui ; pour vous dire que j'apprécie le site sur la césarienne que je viens de découvrir ; que de choses vraies qui me remémorent les malaises qui ont suivis, et surtout ne jamais dire à une maman : "toi >> tu n'as rien senti", c'est l'horreur lorsque en plus vous entendez des réflexions de ce genre. Merci de parler d'une vérité pas comprise de tous. (M.-F. B., avril 2009 )

Je viens de lire les nombreux témoignages des mamans qui ont accouché par césarienne. Je me suis penchée sur la question parce qu'hier, mon gynécologue m'a confirmé que ce serait difficile pour moi d'accoucher par voie basse du fait que ma fille pèsera certainement 4kg500 et que j'ai le bassin trop étroit. Cela étant dit, je me trouve quand même privilégiée par rapport à d'autres mamans parce que même si je pleure bcp depuis hier, j'ai 3 semaines pour me faire à cette idée. Comme bcp le disent et sans avoir encore accouché, j'ai le sentiment que mon "rôle de femme" et mon rôle de mère me sera un peu enlevé. Je ne commence pas les choses comme tout le monde, et j'ai surtout très peur que ma fille ressente un manque d'amour dès son arrivée. Je lui en parle donc , et j'espère qu'elle entend tout. Le papa est présent et heureusement. Je lui parle bcp de mes ressentis et surtout je lui ai fait promettre de ne pas la quitter une fois qu'elle sera la. Je n'ai pas forcément peur de l'acte chirurgical, mais surtout des conséquences sur nos rapports avec ma fille et mon ami. J'ai eu du mal a tomber enceinte et maintenant, je ne pourrait leur donner ni a l'un ni a l'autre un moment qui doit être si fort, celui de commencer sa vie à trois, et non pas a deux, ou tout seul selon comment le ressentira ma fille. Je voudrais conclure en répondant a certaines mamans qui disent sur le site que bcp en "font tout un plat" d'avoir accouché par césarienne...que c'est surtout psychologique...Cela leur a peut être paru facile, elle l'ont certainement mieux accepté et c'est tant mieux pour elles. Cependant je ne comprend pas vraiment leurs propos, même si je les accepte. Je trouve ça un peu "violent". Malheureusement on est pas tous égaux face à la douleur, ni face à notre manière d'accepter les choses que la vie nous impose. je vous remercie de m'avoir lu, cela m'a fait du bien. (S.T. déc. 09)

J'ai accouché par césarienne il y a 2 ans. L'annonce de cette intervention a eu l'effet d'une bombe, car je m'étais tellement préparée à la naissance de mon fils par voie basse. J'en ai pleuré jour et nuit.  
Nous avons attendu le maximum de temps pour laisser le bébé se retourner car il était en siège et déjà bien lourd. J'ai tenté l'acupuncture et d'autres méthodes naturelles, sans succès. J'avais très très peur de cette intervention. Le jour de l'opération, on arrive dans votre chambre, on vous rase, on vous emmène au bloc, tout est calculé, aseptisé, froid. J'étais entourée d'une grande équipe médicale, tous affairés à leur tâche, l'atmosphère était tendue au bloc, tout le monde gueulait, il manquait du matériel, d'autres choses étaient mal branchées. Je me sentais seule et terrifiée. Je ne voyais que mon ventre devant moi et tout est allé très très vite. Ils ont piqué, ils ont ouvert, ils l'ont sorti. Je n'ai pu lui donner que 2 baisers avant qu'ils l'emmènent pour 2 heures loin de moi, c'est allé très très vite, trop vite, je pleurais tellement, quelle déchirure de voir son enfant après 9 mois d'attente emmené manu militari.
Ensuite ils m'ont recousu, ils discutaient entre eux, je sentais les instruments posés sur mon ventre. Je me sentais comme un vulgaire morceau de steak. Ils m'ont emmenée en salle de réveil, cette attente m'a parue interminable. Heureusement que mon mari m'avait promis de suivre notre fils de près. Il a été remarquable, il ne l'a pas lâché des yeux. Au bout de 2 heures et demies, ils sont arrivés avec lui et ils me l'ont enfin déposé sur moi. Ce moment a été tellement magnifique et en même temps il y a cet incroyable doute, parce que je n'ai plus rien senti après l'anesthésie. Il m'a fallu beaucoup de temps pour réaliser que c'était bien mon enfant. Je le savais, mais il n'y avait pas eu cet acte de mettre au monde. Ce passage et votre corps et les hormones qui comprennent ce qui se passe.   Le premier jour a été extrêmement douloureux, je ne pouvais pas m'occuper de mon enfant. Le soir, j'ai dû me résigner à le laisser passer la nuit en pouponnière.
Le lendemain, j'ai eu cette force incroyable de me lever malgré les douleurs transperçantes et d'aller le chercher. Je ne l'ai plus lâché ensuite, je l'ai gardé près de moi.  Après l'intervention, ils m'ont changée et j'ai vu mon ventre. Ce n'était plus qu'une grand flaque de peau et ce fut un choc énorme. Je n'avais pas pensé devoir faire le deuil de mon ventre. Je me rappelle avoir beaucoup regretté de ne pas l'avoir caressé davantage la veille. En 30 minutes, on passe d'un ventre de 9 mois à plus rien, sans en avoir vraiment senti quelque chose.  J'ai vécu ma césarienne comme un échec vis à vis de mon fils, parce que je voulais l'accueillir dans de parfaites conditions et ne pas rater sa venue au monde. Je voulais tellement qu'il ne doute jamais de mon amour pour lui. Il a fallu que je lâche prise, mais ça a pris beaucoup de temps.
Je me suis également sentie jugée de la part des autres mères, surtout de l'ancienne génération. Nous vivons en des temps modernes, mais certaines traditions restent fortement ancrées. Je pense que nous les femmes devons jouer nos nombreux rôles et ceci toujours à la perfection.  Aujourd'hui, j'attends mon deuxième enfant et je prie pour pouvoir lui donner naissance par voie basse et de pouvoir accomplir cet acte de le mettre au monde qui m'a tant fait défaut la première fois.  J'adore mon fils. Il m'a fallu du temps pour que je me persuade qu'il avait très bien vécu sa venue au monde, je pense que je ressentirai toujours une certaine culpabilité face à ça.
(V., avril 2009)

Merci pour votre site qui prend en considération les témoignages et souffrances des femmes qui accouchent par césarienne. C'est vrai, l'entourage est très présent autour du bébé, et vous dit qu'il est Magnifique, que c'est un avantage qu'il soit né ainsi car pas de marques etc..
Et moi, je l'ai vécu comme un échec.. Je n'ai pas réussi, je n'ai pas fais ce qu'il fallait.. Je me sens dépossédée de mon accouchement, charcutée par les médecins, incapable et souffrante.. Je suis maman de deux enfants, le premier : césarienne, il y a cinq ans. Plus de 10 heures de travail, la dilatation était bloquée à 6cm, le bébé commençait à indiquer des signes de fatigue, je suis partie au bloc en urgence. Durant mon séjour, j'étais très faible et deux jours après ma sortie, fièvre 41°C : je repars à l'hôpital, on refuse de me prendre avec mon bébé (question d'assurance me dit-on), mon mari se retrouve avec un nouveau né que je ne peux plus allaiter... Pour moi, c'est un deuxième échec...et une grande souffrance physique et morale, me voilà à peine maman et déjà séparée de la famille que je viens d'agrandir.  
Pour le deuxième, je me suis promise en moi même que cela ne se reproduirait pas, j'ai suivi à la lettre les cours de préparation à l'accouchement, utilisé l'homéopathie et l'aromathérapie pour au mieux me préparer, fais régulièrement les exercices de respiration et surtout, mentalement j' y croyais dur comme fer. Mon obstétricien me disait que se serait possible et qu'il n' y avait pas de raison pour que cela ne marche pas par voie basse. J'ai accouché le 7février dernier par césarienne... C'est un cauchemar, même scénario, plus de dix heures de travail avec juste avant un "faux travail" j'ai eu du salbumol par injection avec les effets secondaires, palpitation cardiaque, je n'arrivais plus à respirer.. Les contractions sont parties puis revenues de plus belles en l'espace d'une heure. Je reviens à l'hôpital avec une dilatation à 3cm, tout se déroule bien, je continue à dilater et là la sage femme me dit, vous avez un gros bébé et il est trop haut, de plus il est mal positionné. Mon docteur arrive à 5heures du matin, attend un peu, m'examine puis, fataliste me dit, c'est mieux comme ça, désolé on va au bloc.
Au bloc, j'ai une hémorragie, j'entend tout, mon docteur s'énervé, le personnel s'active, on me demande de ralentir ma respiration car cela aggrave l'hémorragie, je m'inquiète, j'ai peur pour mon bébé, je pleure.. personne ne m'explique rien, puis je ressens une énorme fatigue, envie de dormir, ma tension baisse... On me montre bébé je suis à moitié consciente, émue, blessée, je l'embrasse.
Après ces épisodes, j'ai tenté de partager cela avec mon entourage mais... on me dit de quoi te plains tu ? Tu vas bien, et tu as un beau bébé ! Je garde le sourire alors pour faire belle figure, mais j' ai du mal à créer des liens avec mon bébé, je suis en train d'échouer mon allaitement comme si l'histoire devait se répéter, j'e me sens nulle et incapable, j'aurais besoin d'aide mais personne ne prend au sérieux mes souffrances, tout le monde pense que je me débrouille bien et que tout va bien.
Merci pour ce site, j'aurais pu au moins raconter mon histoire en entier avec mes sentiments, il y aura au moins une personne qui m'aura "écoutée".(M.D., février 2009)

Merci pour ce site où j'ai pu trouver des réponses que j'aurais préféré avoir avant d'accoucher.
Accoucher si je puis dire. J'ai vécu une grossesse merveilleuse d'autant plus que j'ai appris qu'on attendait une fille. Arrivée à mon 6ème mois on a constaté que ma petite était en siège mais ma gynécologue m'a rassurée en me disant qu'on a déjà vu des bébés se retourner pendant le travail d'accouchement. Il ne me restait plus qu'un mois pour l'accouchement et toujours un siège. Alors que j'avais jusque là abordé l'accouchement avec sérénité, je le voyais sous un tout autre angle; car s'agissant de notre premier enfant ma gynécologue a eu la franchise de me dire que ça pourrait être très difficile. Elle m'a proposé de tenter une version (retourner le bébé par l'extérieur) j'ai accepté de suite tant j'étais angoissée par les difficultés de l'accouchement en siège. Je n'aurais JAMAIS dû accepter, j'ai pleuré de douleur et la manoeuvre n'a eu aucun succès. Dès le 8ème mois, j'ai eu des contractions que je ne ressentais pas mais elles étaient visibles au monitoring. Plusieurs fois par jour je sentais ma fille tenter de se retourner en vain. Avec ma gynécologue nous avons programmé une césarienne le 23 octobre.
Le 21 octobre au soir, j'ai perdu les eaux. Nous nous sommes directement rendus à l'hopital.Plus la moindre contraction, pendant près de 3heures nous avons attendu que la dilatation commence mais rien; et la gynécologue du service d'urgence a décidé de procéder à la césarienne. Aucune explication sur le déroulement de l'opération ni sur ses effets secondaires. En une demi-heure ma fille était née si belle et elle crié tout de suite. Et puis c'est tout, ils l'emmenaient, j'ai pleuré moi qui voulait la sentir contre moi. Mon mari qui était présent dans la salle a été invité à rejoindre les médecins pour les premiers soins; j'étais rassurée qu'il soit avec elle mais j'ai eu la bêtise de lui demander de revenir près de moi pendant qu'on me recousait; je le regrette depuis que j'ai appris par ce site que les bébés nés par césarienne ont besoin d'être près de quelqu'un qu'ils connaissent.
Je n'ai pas pu m'occuper d'elle tout de suite, c'est mon mari qui le faisait. De retour à la maison je me suis sentie isolée par rapport à eux deux, le papa avait adopté tous les gestes; moi je me contentais de l'allaiter et de les regarder. Dans mon sommeil, je sentais que j'accouchais par voie basse et je sentais ce grand vide. Je n'arrivais pas à m'attacher à elle au point que je me suis mise à me détester. Pour dépasser ce sentiment, je me suis forcée à lui donner son bain et ses petits soins malgré les douleurs de la cicatrice. Et j'ai eu le moral qui est remonté en flèche et aujourd'hui je ne me sépare plus jamais d'elle. Elle a aujourd'hui 19 semaines et jamais je n'ai connu un tel bonheur. Si j'avais pu trouver ce site avant mon "accouchement" je suis certaine que j'aurai pu mieux gérer ces premières semaines difficiles. (N.S., mars 2009)

Bonjour… je viens de lire tous les témoignages et je suis touchée doublement. Je suis sage-femme et j'ai eu 3 enfants nés par césarienne. J'ai très mal vécu ces naissances principalement le premier bébé il y a 18 ans et oui déjà mais c'est encore présent aujourd'hui !!
Pour moi c'était clair que j'accoucherais par voie basse et j'avais aussi mis toutes les chances de mon côté… j'ai commencé une bonne partie du travail à la maison et après 12 heures je suis allée à l'hôpital heureuse d'avoir vécu la majorité de la dilatation chez moi. Assez vite la sage-femme a mis en doute le fait que ça se passe normalement, elle trouvait mon bébé trop haut et trop gros mais j'ai fait de la résistance en refusant d'abord la péridurale et un peu plus tard la proposition de passer en césarienne. Mais finalement après des heures de travail et des essais de poussées infructueuses, j'ai dû capituler et accepter si près du but à me laisser faire.
Ça a été très difficile moralement et physiquement les jours et semaines suivantes, je l'ai vécu comme un échec de ne pas être capable de mettre un enfant au monde et j'ai aussi vécu cette impression que ce bébé n'était pas le mien…. Je n'arrivais pas à faire le lien entre lui et moi et je me sentais coupable. Ensuite j'ai éprouvé de la colère injuste contre mon bébé que la sage-femme avait qualifié de trop gros! J'ai vécu des moments de larmes et de solitude dans ce que je ressentais difficile……
Et c'est seulement quand mon fils a été en âge de comprendre que je lui ai parlé de mon vécu et du sien dans cette naissance si violente… j'ai aussi cette sensation de naissance volée… on est tombé dans les bras l'un de l'autre en larmes et j'ai senti que la naissance entre lui et moi s'est faite ce jour là ou je lui ai raconté notre histoire…. (P.L., janvier 2009)

Je tiens à rassurer les femmes qui vont subir une césarienne.
Ce n'est pas grave! C'est simplement un moyen d'accoucher qui nous permet de survivre avec notre bébé. Les douleurs qui suivent sont normales, car par voie basse il y en a aussi, ce n'est pas parfait que je sache. En effet, il peut y avoir des épisiotomies douloureuses et mal placées pour cicatriser, la rééducation du périnée est nécessaire, et des difficultés peuvent être rencontrées lors des rapports sexuels, bref l'accouchement qui se passe bien c'est celui qu'on accepte.
Pour ma part, j'ai préféré que les douleurs et la cicatrice se situent sur mon bas ventre plutôt que sur mes parties génitales! Cela ne m'a pas empêché d'allaiter ou de m'occuper de mes bébés. Il faut dire que l'accouchement par voie basse ne m'enchantait pas trop car j'ai vu des vidéos qui ne m'ont pas rassuré. Peut-être parce que je suis pudique, mais je n'avais pas envie de m'exposer en position gynécologique devant plusieurs personnes (même étant du corps médical) et devant mon mari. Cependant, si on ne m'avait pas découvert un bassin trop étroit, j'aurais fait face, comme tout le monde.
L'avantage avec la césarienne c'est que mon mari et ma famille étaient admiratifs de mon courage et ils étaient aux petits soins et cela m'a beaucoup plu! J'espère que mon témoignage remontera le moral à toutes celles qui redoutent la césarienne. Merci.
(A.B., février 2009)

Merci pour ce site que je découvre aujourd'hui-même! Je suis maman d'un petit garçon de 2,5 ans, né par césarienne en urgence... Je ressens encore aujourd'hui, les mêmes choses que la majorité des femmes qui témoignent sur cette page, j'avais l'impression que la douceur du temps qui passe avait atténué ces sensations. Je suis cependant enceinte de 34 sem de mon 2ème petit et en relisant ces témoignages, je réalise que que mes sentiments ressurgissent à mon insue... je pensais pourtant m'être préparée mentalement à une 2ème césarienne,,, Des sentiments irrationnels m'envahissents, notament une peur de mourir (que je retrouve dans certains témoignages) plus forte que pour le premier accouchement( forcément puisque je sais ce qui m'attends), et la sensation d'avoir plus à perdre, puisque mon aîné va m'attendre à la maison pendant " la charcuterie"... Je pleure aussi beaucoup cette fin de grossesse, à fleur de peau, je voudrais déjà que tout soit fini, être à la maison, avec mes deux petits et le papa... L'étape de l'accouchement je ne veux pas trop y penser... je pense que les femmes qui disent de ne pas se plaindre ont raison, mais il ne s'acit pas de plaintes dans les témoignages, il s'agit de sensations, d'émotions, de besoin d'écoute, de peines, de chagrins,...et je suis sûre que comme moi les femmes qui témoignent, dans la grande majorité, ont remercié le gynéco, l'équipe soignante en quittant la maternité avec leur joli bébé, trop heureuses de pouvoir repartir avec...Il faut nous laisser nous exprimer!..... puis suite du témoignage plus tard:

Bonjour, je ne savais pas que vous répondiez en plus aux messages, merci encore plus ! Je suis à présent maman de deux petits gars, plein de vie… Mon second accouchement a lui aussi été une césarienne, en urgence, je me donnais, avec les encouragements de ma gyneco, la chance d'essayer la voie basse… Le scénario s'est déroulé quasi identique à la première fois, retard de 10 jours, rendez vous pour provoquer, rien n'évolue, souffrance du bébé, césarienne en urgence… sauf que cette fois j'ai eu droit à une spécialité supplémentaire : atonie utérine. Finalement, les choses sont rentrées dans l'ordre…Mais il me reste un goût très amer de l'accouchement, du milieu médical, je ne souhaite plus faire d'enfant, bien que je sois dingue de mes garçons, et une peur de mourir s'est inscrite en moi de façon indélébile…. Mes petits ont respectivement, 4ans et 16 mois… Je suis toute fois assez fière de mon mari et de moi, nous avons surmonté cette épreuve, un peu seuls, lui était bien absorbé par son travail la semaine de l'accouchement, et il ne parle pas beaucoup de ce qu'il a ressenti à ce moment… Nous retrouvons peu à peu notre vie de couple, mais gentiment, il faut du temps…Peu à peu on y pense moins souvent, mais quand on y pense les sentiments sont aussi forts qu'au début… Voilà, vous pouvez publier mes messages, et merci encore…. (M. C.F, les Franches-Montagnes, novembre 2009)

Bonjour, je viens de lire les témoignages de votre site et je constate que nous avons quasiment toutes le même vécu d'une césarienne.
Ce qui m'a frappée c'est de constater que la cicatrice physique n'est rien par rapport à celle psychologique, en effet, en lisant tout ces témoignages je me retrouve dans cette douleur, cette impression de perte de contrôle, et le constat qu'il n'y a personne pour vous écouter, vous aider ou vous comprendre à ce moment. A la suite de cette lecture, j'ai ressenti la même émotion que j'avais il y a presque 3 ans maintenant, cette émotion que je croyais atténuée voire disparue par les années : une profonde tristesse, un grand vide. Mais en même temps un réconfort de me dire que je ne suis pas la seule dans ce cas, que je n'ai rien à me reprocher et que la prochaine sera différente grâce a tout ces témoignages....
Voici mon histoire : il y a bientôt 3 ans j'ai accouché par césarienne. bien sur au départ de ma grossesse, j'avais déjà tous les plans de mon accouchement en tête et de la suite des événements ! Ce serait un accouchement comme il faut, avec travail préalable et attente pour aller en salle d'accouchement, ensuite un accouchement peut être un peu douloureux mais ce ne serait rien car je pourrais attraper mon petit bout et le serrer contre moi, et enfin un allaitement ou tout se passerait bien ! j'y pensais tellement à l'allaitement, pour moi c'était une évidence ! mais voilà, le destin en a décider autrement, suite à un scanner on m'a annoncée que j'avais le bassin trop étroit et que j'aurais une césarienne : premier choc après l'enjolivement que je m'étais fait sur mon futur accouchement ! Le médecin m'a annoncé ça comme on pourrait dire : ça fera 3 euros pour le kilo de patates ! ça avait l'air tellement banal pour lui ! Et pour en rajouter, il m'a dit ensuite : vous souhaitez avoir combien d'enfants ?  je suis restée un peu perplexe avant de lui dire : heu, 2 ou 3... et là il m'annonce de but en blanc : car il faudra prévoir également une césarienne pour les suivants ! Bon c'est pas réjouissant, mais à la longue je m'y suis faite : il me restait encore l'allaitement ! donc quelques mois après : césarienne. Là tout c'est très bien passé, l'équipe géniale, mon mari a pu prendre des photos dès la naissance car il était dans la salle à coté du bloc. Ils nous ont même laissé un peu tous les trois après la césarienne car ils n'avaient plus d'intervention ensuite !
L'allaitement la semaine ou j'étais à l'hôpital s'est très bien passé (ça s'est compliqué par la suite à la sortie car 40 de fièvre : plus de lait  et personne pour m'aider : encore une désillusion !)
Mais il y avait quelque chose que n'allait pas, quelque chose de plus fort que le fait d'avoir eu une césarienne et d'avoir du abandonner l'allaitement :  je me sentais vide et j'avais l'impression que le petit bout à coté de moi n'étais pas à moi ! J'ai alors mis ça sur le compte des hormones (comme j'avais entendu dire qu'il y avait une forte chute d'hormone qui pouvait provoquer une déprime....) Mais voilà, ce vide est resté un long moment, je ne me sentais pas mère, je n'avais pas l'impression d'avoir un lien avec cet enfant ! j'en ai beaucoup souffert d'autant plus que je n'avais personne à qui en parler ( de temps en temps une puéricultrice venait me voir, mais je lui disais que tout allait bien, je me sentais tellement nulle de ne pas ressentir ce lien mère-enfant !) j'ai mis de nombreux mois à créer cet attachement (et d'ailleurs aujourd'hui je me sent mère jusqu'au bout des doigts et ma petite fille me le rend bien car elle est très affectueuse !) mais j'ai l'impression d'avoir manquer les premiers mois de vie avec ma fille ! A cause de la césarienne ?Jje ne le saurais surement jamais, peut-être en ayant accouché par voie basse je n'aurais pas plus ressentie ce lien ?
Voilà ma petite histoire.... si je suis là maintenant, c'est que j'espère être enceinte très prochainement et je me mets à repenser à ce que m'a dit le médecin : "ce sera une césarienne à chaque enfant" avec du recul, je me dit que ce ne se passera pas de nouveau comme ça, mais qui peut savoir.... c'est sur, j'ai peur de la césarienne (je pense que l'on ne peut pas s'y habituer !) mais je suis convaincue que j'agirai différemment si jamais je sens que le lien n'arrive pas à se créer avec mon deuxième enfant ! Je pense que le mieux est de parler avec des personnes ayant eu la même expérience et non pas avec son entourage qui va nous dire : mais voyons tu devrais être contente, tu as un beau bébé... rien de mieux pour mettre le moral à plat !
Alors peut être à bientôt pour vous dire comment se sera passée ma seconde expérience ! Je vous remercie de tout coeur d'avoir créé ce site! (janvier 2009)

Ma petite fille était en siège, mais je désirais tellement accoucher par voie basse et sachant que mon bassin était suffisamment large pour le passage de bébé que mon gynécologue a tout de même tenté un déclenchement. Au bout de 8h de travail "artificiel" le col était toujours fermé, j'ai donc bénéficié d'une péridurale, que je ne voulais pas mais les médecins m'ont "imposée " celle ci en vue d'une éventuelle césarienne, ce qui n'a pas manqué. Tout c'est alors précipité, je suis descendu au bloc et tout est allé très vite. J'étais morte de peur et très triste de ne pas avoir mon mari à mes coté. J'ai très mal vécu l'intervention (tremblements ++, malaise vagal.) le post op était très douloureux, mal de dos horrible pendant plusieurs jours, grosse fatigue générale.. Je regrette tellement de ne pas avoir accouché normalement, car je n'ai pas pu allaité comme je le voulais, je n'ai pas pu m'occupé de ma fille dés le lendemain, et je voulais tellement offrir a mon mari les émotions qu'apporte une naissance par un accouchement naturel!! Aujourd'hui ma fille a 16 jours, elle est superbe, j'arrive enfin a m'en occupé entièrement seul, je suis moins triste, mais pour moi, il me manque quelque chose. Pour moi ma grossesse est inachevée, je me sens vide, et je ne me sens pas réellement maman. Enfin je me réconforte surtout en me disant que si l'accouchement voie basse s'était terminé naturellement, ma petite et moi-même aurions je pense beaucoup souffert car contre toute attente ma petite pesait a la naissance 4,5kg pour 53 cm . Merci pour ce site qui est très réconfortant (S.B., décembre 2008)

En ce 9 juillet 2002 vers 04h00 du matin quelque chose m'a réveillée – c'était la perte des eaux. Calmement je me suis rendue à la douche et j'ai appelé ma famille (je vis seule). Nous nous sommes rendus à l'hôpital et pour une raison que j'ignore on m'a fait un déclenchement alors j'ai eu des contractions très fortes et très rapprochées. Les heures passaient et j'étais toujours à 2 doigts, je souffrais terriblement. Lorsqu'ils se sont aperçu que ma souffrance était vraiment trop forte ils m'ont fait la péridurale 1heure plus tard je me suis évanouie alors ils se sont occupé de moi, mais quelques instants plus tard je me suis encore évanouie.
A ce moment là il y a eu un vent de panique dans la salle d'accouchement et à la hâte ils ont appelé le bloc opératoire et ils m'ont dit "Madame, nous sommes obligés de vous faire une césarienne. Je peux vous dire que j'ai eu la peur de ma vie car je n'avais pas été préparé à cela. Pendant que l'on se dirigeait vers le bloc je pleurais toutes les larmes de mon corps, ils essayaient de me calmer mais c'était impossible. Et finalement ils ont dû me faire une anesthésie générale : mon fils est né à 15heurs et je l'ai vu 3heures après mon accouchement...
Et ça je l'ai vraiment très mal vécue : durant 6 ans j'ai été une femme frustrée. Et voilà que 6 ans après je mets au monde une petite fille par césarienne et tout s'est très bien passée : j'ai senti quand on la sortait de mon ventre, j'ai entendu son premier cri, je l'ai embrassé tout de suite et aujourd'hui je suis heureuse avec mes deux enfants. C'est vraiment super d'avoir pensé aux femmes qui font la césarienne, votre site est vraiment formidable. (M., janvier 2009)

Cela fait 6 mois maintenant que j'ai eu une césarienne en urgence et j'ai toujours un peu de mal à l'accepter. Je ne devrais pas me plaindre car après tout, mon bébé va bien, moi aussi. Je suis pourtant déçue, et la naissance de mon fils, qui devait être un des plus beaux jours de ma vie, me laisse un goût amer. Je n'ai qu'un mot: c'est du gâchis.
J'ai passé une grossesse idyllique, j'étais sereine et j'avais tellement hâte de donner la vie, de connaître ça, d'accoucher naturellement, de sentir mon bébé naître, d'être active. Au lieu de ça, un déclenchement, mon col qui ne s'ouvre pas, et pour finir - césarienne. J'étais morte de peur mais sur le moment un peu soulagée que toute cette mascarade se termine enfin. Mais malgré le bonheur d'avoir enfin mon bébé, je regrette tant de n'avoir pas pu lui donner la vie moi-même. Je n'ai fait que m'allonger et on me l'a sorti du ventre. C'est mon premier bébé, et si jamais un jour je dois avoir un autre enfant je sais déjà que je ne passerai pas une grossesse sereine, je serais morte de peur à l'idée d'avoir à nouveau une césarienne.
Enfin, ce que j'ai très mal vécu, au retour de la maternité, c'est l'état de mon corps. Pas la cicatrice en elle-même, non ça je sais que ça va s'améliorer et ça ne me dérange pas. Pas non plus le ventre dans un piteux état, je sais qu'au fil des mois ça ira mieux. Non, ce qui me rend amère, c'est mon insensibilité dans tout le bas-ventre suite à ma césarienne. Du pubis jusqu'au nombril, je ne sens plus rien si on me touche. On pourrait me rouvrir le ventre que je ne sentirais rien. Et ça, on ne nous prévient pas avant une césarienne, on ne nous dit pas qu'effectivement pour certaines femmes cette insensibilité restera à vie. Moi je ressens ça comme une mutilation. J'adorais quand mon homme me caressait le ventre, et maintenant je ne sens plus rien. Il y a quelques mois encore, je prenais ma douche et je pleurais, je pleurais en regardant mon corps, je me disais "mon dieu, qu'est-ce qu'on m'a fait, mon ventre, mon pauvre ventre". C'est idiot, peut-être égoïste, après tout, j'ai fait un beau bébé - il est normal que mon corps en garde les séquelles.  
Voilà, merci pour votre site, et merci de laisser témoigner les femmes qui ont eu une césarienne, ça fait beaucoup de bien de pouvoir s'exprimer. (F.L., avril 2008)

Bonjour, je suis tombée par hasard sur ce site et je voudrais apporter mon soutien d'ex-bébé née par césarienne à toutes ces mamans.

Jusque récemment, le fait d'être née par césarienne me paraissait anecdotique. mais depuis je suis en âge et en situation de faire des enfants (j'ai 27 ans et enfin une relation stable), j'ai eu des conversations intéressantes avec ma mère et elle a commencé a s'exprimer sur son ressenti post accouchement, et ce qu'elle m'a dit m'a interpelé. Ma mère m'a souvent décrit ma naissance comme "catastrophique" (pas terrible d'entendre cet adjectif d'ailleurs!!) et j'ai l'impression qu'elle a souffert de m'avoir donné naissance par césarienne. Ce qui est revenu le plus souvent dans sa bouche est "ne pas avoir pu te voir, te prendre dans mes bras " et aussi "la douleur physique, la cicatrice".
Pour résumer, elle a perdu les eaux environ 3 semaines plus tôt que prévu et on a du m'extraire. Elle était sous anesthésie générale, et j'ai été mise en couveuse qq jours, donc elle n'a pas pu me prendre dans ses bras tout de suite. Quand elle m'a confié ce détail j'ai senti sa tristesse. (il me semble dans son cas que le corps médical est à blâmer car mon poids était parfaitement normal et 3 semaines ne me semblent pas vraiment prématuré?) Ma pauvre maman a contracté ensuite une salpingite, elle a failli y rester, et je n'ai jamais eu de frères et sœurs (ce qui m a toujours beaucoup manqué, je ne cessais d'en réclamer).
Bref, j'ai l'impression que ma mère a souffert de cette naissance. En lisant vos témoignages, les larmes me sont bizarrement montées aux yeux en pensant à ma mère. Pour que 27 ans après elle m'en parle encore comme d'un "gâchis" c est qu'elle a du être sacrément déprimée a l'époque, non?
Je tiens surtout à répondre au témoignage de F.L. en particulier quand elle parle de la douleur de voir son corps abîmé par une cicatrice. Elle m'a émue aux larmes. Je voudrais lui dire que j'ai toujours vu cette cicatrice sur ma mère en maillot de bain, qu'elle fait partie d elle, que ce n'est absolument pas disgracieux. Que F.L. ne se sente pas nulle d'avoir donné naissance par césarienne, au contraire, son courage a fait naitre son enfant. Je suis reconnaissante à ma mère d'avoir été assez courageuse pour me donner la vie dans des circonstances délicates. Ce qui s'est passé n'était pas de sa faute, et je lui suis mille fois plus reconnaissante que si elle s'était contentée de pousser dans la joie comme d'autres mamans qui ont plus de chance. Je suis en vie 27 ans après, je vais faire des enfants à mon tour et c'est ca qui compte ! Le témoignage de cette femme m'a donné envie d'appeler ma mère pour lui dire: merci maman !
Surtout ne dites pas que c est le gynécologue qui a donné la vie a votre enfant et pas vous : je n'ai aucun souvenir du gynéco de ma mère, et pas de reconnaissance particulière pour lui je vous assure ! lol
Alors ne culpabilisez pas, soyez fières de vous !! J'ai été ce petit bébé à qui vous venez de donner naissance et je suis sure que lui aussi vous dira : merci maman !!

Un ex-bébé de la césarienne qui vous remercie pour votre courage. Merci de transmettre mon témoignage à ces femmes si cela peut les aider !! (N.A., septembre 2008)

Je suis mère de 4 enfants. Les 3 premiers sont nés par voie basse. J'ai beaucoup souffert par moment et les suites ont également été très douloureuses. La prise en charge des "tranchées" après l'accouchement était quasiment inexistante. Pour mon 4ème enfant, une césarienne a été décidée pour raisons de santé. J'ai eu 24 heures pour m'y préparer. Je n'ai pas eu d'appréhension à suivre cette intervention, seul comptait pour moi la santé de mon enfant. J'ai été bien entourée par tout le personnel, tout s'est bien passé. J'ai été conduite en salle de réveil à 15 heures et je n'en suis ressortie qu'à 12 heures le lendemain. La gestion de la douleurs post accouchement a été exemplaire. Voilà pour le côté positif.
Le côté négatif maintenant. Le plus difficile pour moi a d'abord été la séparation d'avec mon petit garçon. Je ne l'ai vu en tout et pour tout que 1 minute de la naissance jusqu'au moment où l'on m'a ramenée dans ma chambre. Il y avait une autre maman dans la salle de réveil, qui elle a eu le droit d'avoir son bébé un long moment, mais pour moi personne n'avait le temps d'aller le chercher. Le manque fut terrible.
Mon enfant a aujourd'hui 8 ans et il n'aime pas du tout les contacts physiques. Je me demande si cela a un rapport avec la séparation de la naissance....
J'ai aussi beaucoup souffert en sortant de la maternité. Hématomes externes et internes, infection de l'appareil génital, douleurs intenses à ne plus pouvoir marcher durant les 3 semaines qui ont suivi la césarienne. Je ne pouvais plus me lever la nuit quand il pleurait tant je souffrais. Merci au papa pour sa grande compréhension et toute l'aide qu'il m'a apportée....Depuis mes douleurs de dos n'ont cessé d'augmenter, ma sangle abdominale est totalement relâchée, mon système digestif m'en fait voir de toutes les couleurs. Je suis persuadée que tout a un lien avec la césarienne mais aucun médecin ne m'écoute à ce propos.
Voilà, en conclusion ce n'est pas la naissance en elle-même qui a été difficile à vivre, mais toutes les suites physiques qui en découlent depuis. Je n'ai pas eu de sensation de manque de n'avoir pas mis au monde mon enfant par voie naturelle. Ce n'est pas la façon dont nous accouchons qui fait de nous une mère, mais bien l'amour que nous portons à nos enfants....Finalement peu importe tout ce qu'il m'a fallu endurer, seul compte le bien être de mes enfants. Je ne regrette rien. (C.J., septembre 2008)




Merci d'avoir fait ce site! Moi, j'ai porté mon bébé jusqu'au terme, et comme depuis ... 3 semaines en menace d'une toxémie gravidique (pré-éclampsie)...., mon obstétricien m'a donné rendez-vous, fort poétiquement, à la clinique un soir à 21h, pour le déclenchement. Je me revois, avec mon mari, essayer de me comporter normalement, aller à ce rdv comme à un autre, alors qu'il s'agissait de la naissance de mon fils! Inutile de dire que nous y sommes allés à reculons! J'avais envie de crier!!
Évidemment le déclenchement n'a pas marché, alors au bout de 40h (depuis la pose du propess) et 7 h (depuis la perf d'ocytocine), on m'a emmenée au bloc, sous le regard désolé de mon mari: allongée les bras en croix et attachée, j'ai senti qu'on me repassait le ventre avec force, et il est sorti: à peine un baiser, et il est parti! Quel gâchis! Je me revois essayant de faire bonne figure, de ne pas paniquer, et puis malgré tout, j'étais si soulagée que tout finisse et que mon fils soit en bonne santé!
J'étais tellement claquée que j'ai du mettre un bon mois à me rendre compte que ce bébé, c'était mon fils, et que j'étais compétente et utile à quelque chose avec lui! Au début, j'osais à peine le toucher, dès qu'il pleurait je le passais à son père, tellement je me sentais nulle, moi qui n'avais même pas su le mettre au monde. Il m'en reste un énorme sentiment d'échec, de dépossession, et j'ai du ramer pour créer un lien avec Adrien, pourtant adorable...je lui en ai voulu de la façon dont il est né et dont il aurait pu me tuer si on n'avait pas été en France au XXIème siècle.
Le pire, c'est que personne ne me comprenait, pas même mon mari, puisque tout allait bien. Et personne ne m'a félicitée, puisque je n'ai rien fait.
Avec le recul, je pense que je vais entreprendre une psychothérapie pour ne pas finir pareil pour le 2ème, car j'ai perdu toute confiance en mon corps et en ma capacité à accoucher. Pour le 2ème, je choisirai une maternité moins médicalisée, car j'ai toujours des doutes sur la nécessité du déclenchement, alors que j'étais en pleine forme et que j'aurais bien pu attendre un peu plus que mon corps donne le signal de la fin: je suis sûre que la césarienne a été induite par le déclenchement, souvent inefficace. ( D.M., juin 2008)

J'ai deux filles 7 ans et 2 ans, toutes deux nées par césarienne mais pas du tout dans les même conditions !
Ma première grossesse se passait très bien jusqu'au 6ème mois ou je trouvais que le bébé pesait vraiment dans le bas du ventre, j'attends la visite prévue pour en parler. Le médecin me dit que le col pourrait s'ouvrir et que je dois rentrer chez moi et ne plus en bouger ! Le choc !! 2 mois sur mon canapé devant la télé, déprimant. Je perds les eaux 3 semaines avant le terme et au départ tout ce passe bien à l'hôpital, je me suis retrouvée en salle d'accouchement mais apparemment le col ne s'ouvrait pas (encore aujourd'hui je suis incapable de vraiment expliquer pourquoi j'ai fini au bloc) on m'a injecté alors un produit pour accélérer le processus et les battement du coeur du bébé se sont arrêtés deux fois (tête en bas oxygène etc..) J'avais la péridurale dans le dos depuis 9h du matin et à 17h le médecin après avoir fait une piqûre sur la tête de mon bébé voulait encore attendre. Changement de garde et la nouvelle médecin dit "mais on va tout de suite au bloc !! " J'était très fatiguée, je ne suivais plus rien. J'ai quand même compris que j'avais une fille, j'ai pu lui faire un bisou et je l ai vraiment rencontrée (à part l'allaitement) le lendemain matin 11h.
Deuxième grossesse, cette fois j'embète toutes les deux semaines mon médecin pour savoir si le bébé ne risque pas de venir avant le terme mais tout va bien. Par contre JE demande cette fois une césarienne pour deux raisons : la première, j'ai peur de revivre l'urgence et la deuxième, j'ai surtout peur que si l'accouchement se fait par voie basse donc bébé sur le ventre etc... de faire une différence entre mes deux enfants. Je les voulais à égalité sur le plan émotionnel. Donc césarienne prévue, et j'ai vraiment vécu ce moment très bien, les médecins plaisantaient avec moi, j'ai été lucide tout le long et tout s'est très bien passé. Je n'ai aucun problème avec la façon dont sont nées mes filles, j'ai été tout de suite très fusionnelle avec elles la seule chose que je regrette, c'est le manque d'explications des médecins et d'accompagnements après (mais il faut dire que les pauvres sage-femmes sont débordées). Et pour finir, ça me fait drôle d'avoir deux enfants et de ne pas savoir ce qu'est un accouchement !! (C.B., septembre 2008)

"Mon bébé a énormément pleuré au début et n'arrivait pas à s'endormir profondément - je me suis toujours demandée si ce n'était pas à cause de la césarienne."

... Aujourd'hui quand je regarde ma fille je ne regrette pas du tout d'être passée par ce moment pénible. Cependant j'aurai tellement aimé accoucher normalement. J'ai vécu la césarienne comme un accident. Cela fait 2 ans maintenant et quand j'y repense aujourd'hui je ne peux m'empêcher de pleurer. Ce n'est pas le fait d'avoir mis au monde ma fille de manière "accidentelle" qui me préoccupe le plus c'est surtout de ne pas avoir pu l'allaiter convenablement. En effet avec la fatigue et les douleurs dues à la césarienne et à une infection, je n'ai pu m'occuper de mon bébé comme j'aurai voulu le faire. J'ai été très bien soignée à la maternité mais je pense que l'on ne m'a pas assez écoutée et conseillée. Alors lorsque j'entends parler de césarienne pour convenance personnelle cela me révolte un peu mais bon nous ne réagissons pas toutes de la même façon face à la césarienne. J'ai une amie qui a très bien vécu sa césarienne programmée. (S.G., novembre 2007)

Je viens de tomber sur votre site et suis ravie de pouvoir déposer mon opinion. J'ai eu une césarienne il y a maintenant 2 mois et j'ai un adorable petit garçon, seulement il est vrai que l'on ne parle pas assez des sites de césarienne. Je l'ai très mal vécu au départ - la peur sans doute, mais au final heureusement car après 17 heures de travail, il était temps que le bébé arrive. Même si pour lui tout allait pour le mieux, le col ne s'est jamais ouvert ou très peu. Mais le plus difficile c'est après le réveil: la réalité d'avoir le bébé, mais le gros problème de ne pas pouvoir s'en occuper, ... faire les soins à votre bébé comme les autres mamans. Heureusement pour moi mon mari est resté à mes côtés le plus possible pour s'en occuper à la place des sages femme dans la journée, mais le soir quand il partait je ne cessais de pleurer car en fait je me sentais inutile pour mon bébé puisque je ne pouvais me lever et surtout forcer. C'est un passage très dur si on n'a pas de soutien. Il y a aussi la douleur dont on ne parle pas du tout : on banalise cela mais en fait il n'y a pas que la cicatrice (extérieure), il y a l'intérieur du ventre qui est "mutilé" et dont on ressent les choses seulement plusieurs mois après. Cela fait 2 mois maintenant et je me demande toujours si cela va redevenir omme avant et si la douleur va disparaitre? De plus les séances de kiné sont à réaliser beaucoup plus tard que pour un accouchement normal, c'est aussi très difficile car on ne peut pas faire partir ce petit ventre qu'il nous reste après l'accouchement.  
Voilà je suppose que tout cela va s'atténuer avec le temps et quand je vois mon beau bébé je me dis que tout va pour le mieux. Il faut du temps, on ne nous le dit pas suffisamment. Merci pour votre site. (V.B., août 2008)

J'ai eu une césarienne en urgence à 32sa car j'ai fait une toxémie gravidique aggravée. ça faisait 1 mois et demi que j'étais hospitalisée et on me parlait beaucoup de l'accouchement préma et surtout de la césarienne. Je savais que ça pouvait venir venir d'un heure à l'autre. Puis ..., j'ai ressenti la barre épigastrique et ma tension est montée à 20 d'un seul coup alors que j'avais un traitement...Dans l'urgence on m'a emmené au bloc en me disant que j'allais être maman... J'étais exceptionnellement calme... Puis la césarienne a débuté mais l'obstétricien et l'anesthesiste m'ont fait parler de tout et de rien pendant toute l'opération et ca a rendu l'acte moins barbare. Puis ma puce a été sortie (minuscule bien sur, 1.384kg) mais elle a hurlé tout de suite.
Malheureusement le plus gros traumatisme est de n'avoir pas pu la toucher ni l'embrasser, départ en néonat en urgence tout de suite. C'est le papa qui m'a raconté... Puis ça a été l'enfer, 28h en salle de réveil, droguée car tension qui ne redescendait pas, complications et enfin retour dans ma chambre...Restée sous perf 3 jours et pas pu voir mon bébé..... (15 jours d'hospitalisation post césarienne). Physiquement j'ai eu des douleurs très longtemps et ça ne fait que deux mois que j'accepte et peux toucher cette cicatrice (22 cm chez moi car grosse urgence)...
Mon mari a beaucoup contribué à la redécouverte de mon corps et de mes sensations autour de cette vilaine et traumatisante cicatrice... Douloureuse expérience...
Psychologiquement ça va bien, notre puce m'a donné la force de surmonter tout ça, et mon néphrologue doit être un peu psychologue (on discute beaucoup de tout ça)!!!! Par contre j'ai beaucoup de mal par rapport aux grossesses idylliques de mes amies et il m'est impossible de tenir un nouveau né dans mes bras. Et je suis complètement intolérante quand mes amies se plaignent de la grosseur de leur bébé ou parce qu'elles ont accouchées 2 semaines en avance...Je pense que c'est de la jalousie et je trouve ça tellement injuste que ça nous soit arrivé à nous!!!
Le plus gros traumatisme est de ne pas pouvoir refaire un bébé, quasiment interdit par l'équipe médicale de l'hôpital, et avec mon mari nous n'en avons pas la force. Mais on est malgré tout chanceux, notre puce est en super forme, d'autres n'ont pas cette chance.... (S.L., novembre 2007)

Je vous écris de Belgique pour vous faire part de mon témoignage. A 30 semaines de grossesse est survenue une fissure de la poche des eaux avec pour conséquence une quasi absence de liquide amniotique, si ce n'est quelques plages par ci par là. Mon bébé était d'autre part positionné en siège. ..... A 38 semaines, ma gynécologue a décidé de ne pas jouer avec le feu plus longtemps et de mettre en place un accouchement programmé.
Après 12 heures de mise sous perfusion pour provoquer des contractions, rien ne se passait : normal vu la position en siège du bébé et l'absence de liquide amniotique, le col n'était absolument pas sollicité. Il faut savoir que dès le départ, on avait mis en place une péridurale au cas où il faudrait avoir recours à la césarienne. C'est ce qui s'est malheureusement passé. D'autre part, le cathéter de la péridurale n'étant plus correctement positionné (et l'anésthésiste n'ayant pas procédé à ces vérifications d'usage), lorsque l'on a incisé cela ne dormait plus qu'à moitié et l'on m'a d'urgence appliqué le masque pour lancer l'anésthésie TOTALE. C'est là que le bât blesse : vous vous réveillez avec des douleurs atroces, un ventre plat, un bébé transféré en néonatale et l'impression qu'il manque une pièce du puzzle. Vous vous endormez avec un gros ventre et vous vous réveillez : plus rien. Il vous manque une partie de l'histoire que d'autres, par la force des choses, se sont appropriés à votre place. A jamais, me restera ce vide, ce trou entre les deux états (avant et après réveil) Les douleurs étant telles, je ne pouvais pas me lever.
..... Tout le monde avait été voir mon bébé derrière la vitre en néonatale et revenait en me disant que j'avais un beau bébé. Le comble pour moi qui ne l'avait toujours pas vu : j'ai accouché un lundi et l'on ne m'a amenée en néonatale avec mon lit que le mercredi. ..... Ce témoignage négatif pour quand même signaler que bien que mon petit soit arrivé au monde avec un hématome sterno-cléido-mastoidien (une boule dans le cou qui l'empêchait de bouger la tête) qui a nécessité 30 séance de kiné pour qu'il retrouve sa mobilité et une légère dysplasie de la hanche (pour laquelle nous avons dû le langer double), il a maintenant 10 ans et il "pète" la forme (même un peu trop) mais il est cependant vrai qu'il traîne des petites valises avec lui : il est gaucher, il a commencé à écrire en "miroir", il n'avait aucune psychomotricité fine (fermer une tirette, faire ses lacets), aucune notion spatiale; problèmes de vision, ... Nous avons donc à l'âge de 6 ans fréquenté 9 mois durant une logopède-psychomotricienne qui a rétabli tout cela. Mais il reste quand même toujours un peu moins débrouillard, un peu plus maladroit qu'un autre et est très nerveux. Il faut savoir aussi que lors de ses 3 1ères années à l'école, systématiquement, chaque matin, il faisait une crise de larmes et il ne voulait pas nous lâcher. Nous avons consulté un psy qui a détecté qu'il souffrait d'angoisse de séparation : est-ce lié à son arrivée brutale et esseulée sur terre ?? Le raccourci est peut être un peu facile mais n'empêche qu'il est permis de se poser la question.

Enfin, pour terminer sur une note hyper positive : 6 ans après cette expérience traumatisante, j'ai mis au monde une petite fille par VOIES BASSES !!!! et dans un autre hôpital où là même si je me suis sentie en pleine forme tout le long de mon séjour en maternité le personnel veillait sur moi, s'enquérait constamment de mon état. C'est alors que je me suis dite que toutes ces attentions n'étaient pas utiles pour cet accouchement là mais qu'elles l'auraient bien été pour mon premier accouchement où là j'ai vraiment souffert physiquement et psychologiquement. Comme quoi, le choix de la maternité contribue également au bien-être de la maman pour tout accouchement mais surtout lorsque l'on doit avoir recours à la césarienne. Merci d'avoir lu mon si long témoignage et espérant avoir apporté une pierre à l'édifice. (I. D., mars 2008)

Je viens de découvrir votre site. Si seulement je l'avais découvert il y a quelques mois, je pense que j'aurais mieux "digéré" ma césarienne, du moins, plus rapidement.
Lors de mon 1er accouchement, j'avais déjà eu quelques problèmes mais néanmoins j'avais tout de même pu accoucher par voie basse. Ce n'était pas l'accouchement de mes rêves (bien trop médicalisé) mais au moins ce n'était pas une césarienne. Lors de ma 2ème grossesse, j'ai donc rêvé de pouvoir, cette fois-ci, accoucher le plus naturellement possible, dans l'eau. La grossesse s'est déroulée sans problème et j'ai ressenti les 1ères contractions le jour pile du terme. J'étais ravie, tout avait l'air de bien se dérouler. Quand, à la maternité, la sage-femme m'a posé le CTG, elle a toute suite remarqué le rythme cardiaque du bébé chutait à chaque contraction. Pendant 2 heures, j'ai essayé de me mettre dans toutes les positions possibles. Malheureusement à chaque contraction c'était pareil, ….. et mon col ne s'ouvrait pas plus. Le gynécologue est arrivé et m'a dit : "On attend encore une heure et si ça ne change pas, on fait une césarienne". A cette annonce, j'en ai pleuré toutes les larmes de mon coeur, de mon corps. C'était tout ce que je ne voulais pas. Je me sentais vraiment nulle de ne même pas pouvoir être capable d'accoucher normalement. L'heure s'est écoulée...rien n'avait changé et je suis partie au bloc.
Là tout est allé très vite. Bébé s'est poussé hors de mon ventre; il a impressionné le personnel médical ;-) . C'est un petit garçon en parfaite santé, né avec un Apgar à 9, sans cordon enroulé (comme le présageait peut-être le gynéco). La sage-femme me l'a posé directement sur le ventre. Ce n'était que du bonheur. Je l'ai gardé sur moi tout le temps où le gynéco m'a recousu. Puis, la sage-femme l'a apporté à mon mari qui attendait en dehors du bloc ….. et ensemble ils se sont occupés du bébé. Après, on m'a envoyé en salle de réveil et peu de temps après (max 30min) mon mari portant le bébé est revenu vers moi. Pour moi, ce n'étaient pas ces instants-là qui ont été pénibles car nous n'avons pas été séparés longtemps et surtout, j'ai pu de suite tenir bébé dans mes bras.
Par contre, le lendemain matin, au réveil, je n'aurais jamais pensé que mon ventre puisse me faire autant mal. C'était horrible. Je n'avais jamais ressenti une pareille douleur. Bon, la douleur a diminué au fil des jours, mais comparé à mon 1er accouchement par voie basse, je trouvais ça catastrophique. Et, de retour à la maison, ce n'était vraiment pas évident durant les 1ers jours de gérer tout ça : cette douleur physique, la douleur morale de ne pas avoir "su" accoucher, s'occuper du bébé et de sa grande soeur de 2.5 ans, tout en essayant de se reposer un maximum. Finalement, les jours ont passé et toutes les douleurs (morales et physiques) sont parties, petit à petit. Mon fils a aujourd'hui 9 mois et enfin, je ne pleure plus en pensant à mon accouchement. Il me semble avoir pris beaucoup de recul par rapport à tout cela. Mais ça n'a pas été facile et j'ai du faire un long chemin pour pouvoir accepter cet accouchement. Et maintenant encore, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi certaines femmes souhaitent une césarienne de convenance. Elles ne doivent pas s'imaginer quel mal ça fait... Franchement, je ne souhaite à personne de passer là. OUI c'est vrai, la césarienne sauve des vies (autant des vies de bébés que de mamans) mais ce n'est pas forcément autant "idyllique" que l'on pourrait le croire. Et si un jour je devais avoir un 3ème enfant, je pense que je passerai 9 mois à angoisser pour que cela ne finisse pas en césarienne. (C.B. sept 2008)

 

"Quand mes copines me racontaient leur accouchement normal, j'étais incapable de me réjouir pour elles - j'avais chaque fois les larmes aux yeux pour ce que j'ai râté."

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Je suis maman d'un petit T. depuis juin 2007 qui est né par césarienne. Il pesait 4.520 kgs et mesurait 54 cms. Je suis arrivée à la maternité un vendredi soir après avoir perdu les eaux. Etant positive aux streptocoques, j'ai dû avoir une perfusion d'antibiotiques. Après deux nuits de contractions intenses, mon col ne dilatait pas plus de 2 doigts alors j'ai été emmenée en salle d'accouchement où on m'a déclenchée au gel puis avec le produit en perfusion mais rien ni faisait et mon col ne dilatait pas plus. bébé étant trop gros, sa tête ne poussait pas sur mon col. Et puis le rythme cardiaque de mon bébé diminuait et quand le gynécologue est arrivé, je lui ai demandé de faire quelque chose et il m'a proposé la césarienne en urgence; Pour moi ce fut une délivrance et un grand soulagement car j'avais si peur pour mon bébé. En revanche j'étais déçu pour mon mari qui n'a pas pu assister à la naissance de son fils. Tout s'est passé très vite et mon petit bout est arrivé et j'étais la plus heureuse des mamans. Effectivement ce serait de mentir que de dire que j'étais aux "anges" puisque bébé a vite été emmené pour les soins et mis en couveuse pour éviter le choc de température mais sincèrement pour moi la césarienne s'est bien passée. Les suites ont été un peu plus difficiles puisque je ne pouvais pas m'occuper de bébé tout de suite puisque j'ai eu une hémoglobine basse mais mon bébé était là et tout allait bien. Aujourd'hui je suis de nouveau enceinte et bébé risque d'être aussi gros ou même plus donc le gynécologue m'a dit qu'il en prévoirait certainement une autre et du fait que je veuille pas re-subir la même chose et la même peur de l'accouchement j'accepte volontier qu'on me césarise une deuxième fois. J'espère que mon récit vous conviendra. Merci de nous laisser nous exprimer librement sur le sujet et si ça peut aider quelqu'un ça me fait plaisir. (D.M. septembre 2008)

" Depuis ma césarienne, je ne me sens plus en contact avec mon corps - il m'a lâché et maintenant, il y a cette cicatrice. Je ne peux ni la regarder ni la toucher." 

"J'avais tellement besoin de parler de ma césarienne, mais personne ne pouvait vraiment comprendre pourquoi j'en étais si malheureuse...."

".... Ma sensibilité étant à fleur de peau, la moindre contrariété me touche énormément....j'ai besoin de parler, mais malheureusement je n'ai pas beaucoup d'oreilles à mon écoute, on va dire attentives à mon problème. Je ne parle même pas de me comprendre mais de m'écouter..."
(F.M., mars 2007)

"Le plus dur, c'était qu'on a emporté le bébé tout de suite pour le mettre en néonatologie et que je n'ai pas pu le voir tout de suite."

"Tout s'est passé tellement vite que je n'ai pas encore compris ce qui m'est arrivé."

"Même si les sages-femmes se sont très bien occupées de moi, je ne pouvais presque rien faire au début et devais demander de l'aide pour tout."

"J'aimerais vous remercier pour votre site très utile et merci à toutes pour vos témoignages. Cela m'a beaucoup aidée. En effet, mon gynécologue était peu bavard, et à part le mot césarienne parce que c'est un siège et la date, il n'a rien expliqué de plus! J'avoue que c'est assez déroutant et décevant au début car on ressent plein de choses, de l'impuissance, de la crainte de ne pas être une vraie mère, de rater quelque chose et puis il y a la peur de l'intervention chirurgicale. Vos explications m'ont bien rassurée, les témoignages un peu moins, mais cela permet de savoir à peu près où l'on va. Ce qu'il ne faut pas oublier dans tout ça,c'est que l'on nous sauve la vie!!! Alors fini les chipotages, il faut y aller. Je ne l'ais pas regretté, bien qu'ayant essayé diverses techniques, sans succès, pour faire tourner mon bébé. A la naissance, lorsque l'on m'a annoncé 2 tours de cordon autour du cou, j'étais folle de joie de savoir mon bébé en vie et en pleine forme et heureuse de ne pas avoir tenté la version externe ou l'accouchement par voie basse. J'ai eu la chance d'avoir une équipe médicale très sympathique et chaleureuse. La chance également que tout se passe bien. Il faut accepter de ne pas être autonome les premiers jours à semaines et de ne pas pouvoir s'occuper pleinement tout de suite de son bébé, mais si vous avez votre conjoint, il s'en occupera très bien. Cela n' pas posé de problème pour l'allaitement, a part que c'est douloureux au début (contractions sur utérus recousu, un régal...) et que l'on doit demander de l'aide pour mettre l'enfant au sein. Tout ce que je peux conseiller à toute future mère, c'est de se renseigner sur les diverses issues possibles d'un accouchement et de s'y préparer, on est ensuite moins effrayée et on peut demander des choses comme le peau à peau en salle de réveil (cas d'une rachidurale avec césarienne p. ex) et surtout, pensez tout le long à votre bébé, après tout, on sait que la grossesse et l'accouchement ne sont pas que du plaisir et on oublie vite tout cela quand on a le bébé dans les bras! Plein de bonheur à toutes!" (N.D., septembre 2008)


"Quand je repense à ma première césarienne, je revois les mêmes flashs, la panique, le regard fuyant du gyneco, la descente au bloc, je grelottais tout le long de l'intervention. j'étais venue pour donner la vie, pas pour la perdre. Je n'ai pas vu le cordon ombilical, ce lien qui nous reliait depuis 9 mois. je n'ai pas senti le corps tiède de bébé sur mon ventre, récit si entendu et si inhérent à toute naissance. on me l'a présenté mais trop loin (je suis myope et pas de lunette au bloc).

Je lui ai parlé mais avec une voix déformée (j'avais le masque à oxygène sur la bouche). pauvre petit ! accueilli avec une voix de maman déformée. Ce petit être a crié mais j'ai vraiment senti qu'il criait sa colère d'avoir été délogé ainsi de son petit douillet, d'être accueilli dans une température froide, d'être tripoté avec des mains en latex à peine chaudes. j'ai donné la vie mais je n'ai pas donné naissance, c'est le gynéco qui a donné naissance. Moi ? je n'ai rien fait, j'ai subi. Bébé ? il n'a pas été acteur, il a subi. pendant 9 mois, j'ai fabriqué cette vie tant désirée si fragile et voici qu'on me l'arrache sans aucun ménagement.

Pendant la seconde césarienne, 3 ans et demi après, j'ai exprimé ma déception et le déroulement de la première : j'ai grelotté tout pareillement, mais j'ai pu VOIR bébé de près et lui parler. j'ai accueilli bébé. Ma première césarienne date de 9 ans et je ne peux pas envisager une 3ème grossesse au grand désespoir du papa."   (V.H., mars 2007)

 


... j'ai demandé à mon mari de me raconter en détail ses premières heures avec le bébé, nous nous sommes rendus compte qu'on n'avait pas pris le temps de se raconter vraiment l'un à l'autre cette naissance ...

... cela nous a permis de nous approprier une histoire commune pour la  naissance de notre bébé, alors que nous l'avions jusqu'alors vécu comme une séparartion, comme deux histoires parallèles réunies uniquement par un petit être étrange, que nous avions peur de ne pas comprendre ...                        (S.SCH., nov. 2006)

J'ai eu une césarienne et je ne regrette pas le choix du gynéco. Mon col ne s'ouvrait pas et au bout de deux jours de contraction mon fils était trop fatigué pour venir de lui-même. De plus il était coincé dans mon bassin. Je n'aurai pas eu de césarienne, je ne sais pas comment se serait passé mon accouchement. Pensez aux femmes dans le temps qui accouchaient et mourraient sans même avoir vu leur bébé. Il faut arrêter de se plaindre sur son sort et positiver plutôt que de dénigrer un acte chirurgical qui malgré tout sauf des vies. (?.B., mai 2008)



"Mon mari était surtout content de nous voir en bonne santé, le bébé et moi. Lui s'est retrouvé seul avec le bébé dans une salle inoccupée une fois les premiers soins faits et a attendu mon retour de la salle de réveil pendant 1 h 30. Même s'il avait son bébé dans les bras et pouvait faire connaissance avec lui en primeur, il a trouvé le temps bien long. Quand je suis arrivée, le bébé venait de s'endormir et il a fallu faire beaucoup d'efforts pour lui faire prendre la première tétée. La sage-femme l'a mis tout nu contre moi et là, il a compris. "


"C'est comme si j'avais abandonné mon bébé au moment où il
avait le plus besoin de moi. Comme il a dû se sentir seul ..."

 


"Je me sentais tellement impuissante sur la table d'opération, comme ça attachée, les bras en croix. On m'a montré mon bébé, mais je ne pouvais presque rien faire pour l'accueillir."

   "... Je m'attendais à une sorte d'amour immédiat pour le bébé, et en fait j'ai pris conscience que cet amour qui était né pendant (et même avant) la grossesse, n'est que la base d'un lien très très fort qui se construit progressivement après la naissance...
(S.SCH:, nov. 2006)

 

Après une merveilleuse grossesse, les analyses de sang ont commencées à révéler au sixième mois (alors que c'était ma première grossesse) que je fabriquais des anticorps contre le sang de mon bébé. Jusque là rien de très alarmant puisque le taux étaient très faible. cependant dans le dernier mois de ma grossesse le taux à augmenté, j'avais des prises de sang toutes les semaines ainsi que des échographies de contrôle, mais encore une fois bébé allait bien, moi aussi, donc ma gynéco préférait attendre que le travail commence naturellement. Or le terme arrivait, visite hebdomadaire à la clinique et là on nous dit qu'on attend les derniers résultats mais qu'on va surement déclencher l'accouchement dans les deux jours. Quand les résultats leurs sont arrivés ils m'ont appelé pour me dire que je devais être hospitalisée de suite et pas à la clinique mais directement à l'hôpital car mon bébé, à terme pourtant, serait mis en néonat.

A l'hopital on nous explique que le déclenchement va être fait avec le propess, 24h de contractions douloureuses pour atteindre 3(cm) et enfin avoir la péridurale, là 2h30 pour arriver à 7(cm) cependant mon bébé commençait à avoir des manques d'oxygène. Appel de la sage femme à l'obstétricien qui a pris son temps pour contrôler les monitoring puis prise de décision, on va me faire une césarienne. Nous savions que cela pouvait en arriver là, on nous avait prévenu depuis plus d'un mois déjà avec les soucis de sang. Ils m'emmènent au bloc pendant que mon mari attend seul dans une chambre (c'est ce que j'ai trouvé de plus dur, le laisser de côté). Etant donné la péridurale, on m'a endormi que le bas, aussi 10 min après j'entendais les premiers cris de mon bébé, un grand bonheur, les larmes qui coulent, une joie indescriptible. la sage femme fait le strict minimum et vient de suite me le montrer, je le vois si petit, je découvre que c'est un garçon, je peux le toucher lui faire des bisous meme si je ne peux le prendre. Enfin elle lui fait ses premiers soins pendant qu'ils me recousent. Le temps que je passe en salle de réveil, c'est mon mari qui profite de notre bout de chou, et enfin on est réuni. Jean-Lou est monté en neonat et on nous le redescend pour quelques heures. Nous avons le temps de nous découvir, de faire la première tétée,...

Les 24h suivantes il sera sous le "tunnel", méthode pour soigner les fortes jaunisses (dans notre cas due au sang) du nourisson, mais à chaque fois qu'il y avait besoin il m'était conduit pour la tétée. Pendant ce temps je découvrais la douleur de la cicatrice, mais qu'importe ma douleur, mon bébé allait bien, en bonne santé (meme si jaunisse). aujourd'hui, c'est à dire 3 semaine après la naissance, nous allons merveilleusement bien, la cicatrice tire toujours un peu, normal. Mais l'essentiel est que Jean-Lou profite bien et que nous parents profitions bien de lui. L'allaitement permet de mieux assimiler la naissance. Je ne regrette nullement la césarienne, c'était le mieux à faire, je remercie tous les interlocuteurs à la clinique et à l'hôpital qui nous ont toujours expliqué ce qui se passait et ce qui pouvait arrivé !

Je ne comprends pas les femmes qui demandent une césarienne par convenance, mais lorsque, comme pour moi, c'est essentiel pour la vie de son enfant, la césarienne est préconisée alors l'acceptation semble (pour ma part) naturelle, d'autant plus qu'on est informé correctement. (M. F. le 26/06/08)

...... Une césarienne cela permet au femme de ne pas souffrir pour faire sortir leur enfant, moi c'est comme cela que je vois les choses, et c'est vrai qu'à l'époque lorsqu'il n'y avait pas de césarienne les femmes mourraient avant d'avoir vu leur enfant. ..... Arrêter de dire que vous vous êtes senties impuissantes avec une césarienne, cela sert quant même à éviter le pire, que vous l'avez mal vécu car si on fait une césarienne c'est pour vous sauvez la vie, arrêtez de vous plaindre contre les choses que l'on fait pour que l'on soit plus confortable en donnant la vie. (extrait du témoignage de S.C., mai 2008)

J'avais envie de vous écrire quelques lignes, suite à ma propre histoire, mais aussi afin de tranquilliser toutes ces femmes qui vont devoir accoucher de cette manière. Je lis depuis maintenant dix ans toutes sortes d'articles et de témoignages venant de femmes qui ne parlent uniquement de la césarienne comme un accouchement dramatique; et si j'avais lu tout ceci à l'époque, j'aurai pris peur !! J'ai trois enfants, et tous sont nés par césarienne à cause d'un gros poids de naissance. Pour le premier, après 36 ans heures d'essai d'un accouchement normale, l'enfant ne respirait plus, il a donc fallu faire une césarienne en urgence; pour le second, tout était programmé et finalement pareil pour le dernier! J'ai eu également trois grossesse difficiles, grosse perte de poids, hospitalisation etc. Avec mon expérience je crie haut et fort, que ce n'est pas parce que l'on a accouché par césarienne que l'on est moins proche de son enfant, que l'allaitement ne va pas fonctionner et autre. Il y a beaucoup de phsychologique, si vraiment il y a un problème.J'ajouterais que deux sur trois de mes césariennes se sont mal déroulées, et que les suites n'ont pas été simples; mais dans mon cas, je n'ai pas eu le choix d'accoucher différement. Je n'ai aucun regrets, ni même de mauvais souvenirs, seulement la joie d'être Maman et c'est cela qui importe le plus ! Bref, il n'y a pas lieu d'en faire toute une histoire et pour les futures Mamans qui me liront et qui se doivent d'accoucher de cette manière, soyez sereines; vous aurez exactement le même contact avec votre enfant que si vous aviez accoucher par voie basse ! Mes enfants ont aujourd'hui, 10, 8,5 et 6 ans, sont en pleine forme et moi de même; tout va pour le mieux. (K., septembre 2008)

Bonjour,   Je me prénomme N: et je suis Québécoise (Canadienne française). J'ai 35 ans et 3 enfants. Un de 16 ans, né par césarienne dû à un siège croisé et des jumeaux de 6 mois, né aussi par césarienne d'urgence après avoir tenté ce qu'on appelle ici un AVAC (accouchement vaginal après césarienne). Pour la naissance multiple, c'est le coeur de ma fille qui n'a pas supporté l'induction;on m'a donc conduite d'urgence au bloc grâce à quoi nous avons pu sauver les 2 bébés.

Pour moi, une césarienne représente un accouchement sans douleur. (J'étais terrifiée à la naissance de mon ainée qu'on me laisse accoucher naturellement). Mais si je peux rassurer certaines futures mères qui se sentent dépourvues face à leur future intervention, il s'agit aussi d'un beau moment. On voit le bébé arriver. On a le temps de voir la réaction de papa et celui-ci (ici en tout cas) à le temps d'expérimenter le peau à peau avec bébé(s) en attendant le retour de maman de la chambre de réveil. Après 9 mois avec le bébé dans votre ventre, que papa a le privilège du premier moment avec lui ne me semble que justice.

Pour celles qui désirent allaiter (ici, les hôpitaux sont très pro-allaitement) la césarienne ne l'empêche pas du tout, et je n'ai connu aucune difficulté à ce niveau. Je ne prône pas la césarienne comme moyen « normal » pour l'accouchement, mais vive la médecine moderne et pourquoi risquer lorsque l'alternative existe ? Bravo pour votre site et vous pouvez publier ce mail si vous le jugez pertinent.  (N.V., juillet 2008)

Je viens de découvrir votre site, que je trouve très bien et très utile, j'aimerai apporter mon témoignage quant à la césarienne.... j'en ai eu une pour mon fils il y a 19 mois de cela et une seconde se profile pour la naissance de ma fille en aout... la 1ere n'était pas du tout planifiée, grossesse idéale, mis à part des soucis de dos point de vu bébé tout allait bien, au bout de 16 heures de contractions qui n'ont servies à rien, on m'a enfin posé une péridurale et ensuite à la fin de la journée seulement, ou rien ne s'était passé, on m'a descendu au bloc pour une césarienne, je souffrais depuis tellement longtemps entre les contractions et la journée entière passée sur la table d'accouchement que j'ai vécu la césarienne comme une délivrance!!!!! il y a 100 ans on serait peut être mort tous les deux... je n'ai aucun traumatisme vis à vis de celle ci, et quand on m'a apporté mon fils il pleurait et dès qu'on me l'a mis dans les bras, il a arrêté et il y est resté bien 6 mois.... pour la seconde césarienne, ce n'est pas encore bien sur, mais ma fille est siège et pas par les fesses, par les jambes??? ayant eu une césarienne il y a peu, le gynéco m'a dit que si elle ne se retournait pas il ne prendrait pas le risque de me faire accoucher par voie basse... j'en suis à 8 mois et elle est grosse... donc... ça ne me chagrinne pas, le papa est beaucoup plus déçu et c'est par rapport à lui que c'est dur!!!! pour conclure, tant que l'accompagnement est bien fait, que le papa peut s'occuper de suite de bébé, on a toute la vie pour s'occuper de notre enfant, n'avons nous pas tous nos souffrances? même si on veut tout épargner à notre enfant, parfois notre rôle est de guérir à défaut d'avoir pu prévenir... j'ai expliqué à mon fils sa naissance du haut de ses 19 mois et croyez moi il sent très bien que maman et papa sont là et l'on toujours été et jamais on ne nous l'a enlevé!!!!!

La seule séquelle si vraiment s'en est une???? à voir plus tard, il déteste le corps médical.... pour une simple visite sans vaccin juste une fièvre et ce sont des hurlements dès qu'on le manipule.... et ce depuis la toute 1ère visite du 1er mois... à suveiller... courage à toutes, je tiens à ajouter que je ne cherche à convaincre personne, chacun à son ressenti, mais si une future maman me lisait car une césarienne se profilait et que c'était une 1ere grossesse, peut être pourait elle être un peu rassurée? (M. V., juillet 2008)

Témoignage avant et après la troisième césarienne:

Je suis aujourd'hui enceinte de mon troisième enfant, 13 ans après le deuxième! Autant dire que nous sommes tous fou de joie, même si je sais déjà ce qui m'attend...
Lors de ma première grossesse, il y a donc (15 ans!) ma gynécologue de l'époque a décelée très tôt un placenta praevia recouvrant le col. Aucune explication ne m'a alors été donnée, sur ce que c'était, sur ce que cela pouvait impliquer, et surtout que cela pouvait m'interdire un accouchement par voie basse... Au début de mon 8ème mois de grossesse, elle me fait placer sous contrôle monitoring d'abord quotidien et au bout de 4 jours, deux fois par jour. Une souffrance foetale est détéctée: manque de liquide amniotique en plus du placenta praevia. A ce stade là, à aucun moment on ne m'avait parlé d'une césarienne, j'avais alors 21 ans et j'ignorais quasiment tout de cette intervention. Une sage femme me dit de rentrer chez moi, de préparer mes affaires et de revenir à la maternité le soir même: mon intervention est programmée pour demain. Je me sens complètement perdue, désorientée. Mais de quelle intervention parle-t-elle? "Mais enfin Madame, votre Césarienne!" ... le mot est laché... Sensation de perdre le contacte avec la réalité... Une césarienne? Pourquoi? Comment? Je n'ai pas plus d'information. Le soir même, on me place dans une chambre d'hôpital au fond d'un couloir......Une nuit cauchemardesque.
Le lendemain matin, je suis conduite au bloc, sans aucune préparation, je ne sais pas à quoi m'attendre. Il fait froid, je suis à moitié nue sur la table d'opération, on m'attache les bras en croix sans me parler, on me plante une aiguille dans un bras, mes larmes coulent le long de mes joues, je suis terrorisée. "Oh, elle va pas en plus se mettre à pleurer!" J'entends les battements de mon coeur qui battent à tout rompre, puis un masque surgit au dessus de mon visage et une voix m'intime de respirer profondémment. J'ai l'impression que ma respiration se bloque, que mes poumons vont exploser... et plus rien. "On se réveille! Allez! Ouvrez les yeux Madame!" Sans aucun ménagement on me secoue. Je sens une douleur me déchirer le bas du ventre. Les lumières du plafond défilent au-dessus de moi au fure et à mesure de notre progression dans le couloir. Les larmes qui me coulaient sur les joues avant de m'endormir terminent leur courses, comme suspendues le temps de l'intervention. J'éssaye de parler, de demander ou est mon bébé, mais personne ne semble m'entendre, personne ne me répond. On me park dans une salle, et plus personne, que les bips et les rouronnements stériles de machines autour de moi. Je sombre à nouveau. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là.
Mais lors de mon retour en chambre, mon mari était là, il m'avait fait transférer dans une autre chambre, seule cette fois-ci. Il me dit avoir vu notre fille, qu'elle est en réa parce qu'elle est prématurée, mais qu'elle va bien et qu'elle est magnifique. Je reste 4 jours dans cette chambre sans voir ma fille. Tout ce que j'ai, c'est une photo d'elle, que mon mari m'a apporté. Quand enfin je peux tenir ma fille pour la première fois contre moi, dans mes bras, je suis submergée par un tel flot d'émotions, de sentiments, de sensations, que mes larmes semblent ne plus vouloir s'arrêter de couler, je pourrais crier de bonheur et de douleur à la fois.
16 mois plus tard, c'est au tour de son frère de voir le jour. J'ai les mêmes symptômes que lors de ma première grossesse, placenta praevia et manque de liquide amniotique. Je sais donc que je vais avoir une césarienne, je sais par ou je vais passer. J'ai changé d'obstétricienne, et elle est fabuleuse. Ma césarienne, sous anesthésie totale, se passe à merveille, mon réveille est complètement différent du premier, mon fils se trouve à côté de moi dans son berceau transparent, paisiblement endormi, la vie est merveilleuse! Aujourd'hui, enceinte au moment ou j'écris de 4 mois, on vient de désceller un possible placenta praevia... et après déjà deux césariennes... mais cette fois-ci, je demande une anesthésie partielle, je veux être là, je veux vivre ce moment et surout pouvoir sérrer mon petit dernier dès sa sortie dans mes bras... et découvrir si ce sera un p'ti gars ou une petite grouillette, parce que nous voulons tous le "Kinder surprise"!
Amitié et courage à toutes ces femmes qui donnent la vie, et peu importe par quel moyen! (V.-I., août 2008)

En Août 2008, je vous ai posté un message, pour témoigner de mes 2 premières césariennes. J'étais alors enceinte de presque 4 mois. Le 10 février 2009, j'ai eu ma troisième césarienne, 13 ans plus tard et je dois dire que c'est le jour et la nuit en comparaison des 2 premières fois!  
Tout d'abord, la visite avec l'anesthésiste, 15 jours avant la date programmée de l'accouchement m'a totalement mise en confiance. Il m'a expliqué avec schéma à l'appuie, ce qui allez se passer. Je voulais une césarienne partielle pour vivre la naissance de mon troisième. Il a aussi pris en compte ma peur de la douleur en m'établissant un "programme" d'anti-douleurs pré et post opératoire. C'était très important pour moi, parce que mes deux premières expériences étaient cauchemardesques! Je suis sortie de cette consultation rassurée et confiante.  
Le 10 février au matin, après une nuit à la clinique, j'ai été conduite au bloc. L'atmosphère était détendue, les infirmières du bloc souriantes et gentilles. L'anesthésiste est arrivé. Il m'a d'abord piqué dans le dos, pour désensibiliser la zone, de façon à ce que je ne ressente pas la "vrai" piqure, celle qui allait anesthésier tout le bas du corps. Il m'expliquait au fur et à mesure ce qu'il allait faire, en me préparant à ce que j'allais ressentir pour ne pas paniquer ou faire de mouvement brusque de surprise. Très rapidement je n'ai plus sentie mes jambes, d'abord comme un engourdissement chaud, puis froid, puis plus aucune sensation. Mon obstétricienne et mon pédiatres sont arrivés. Nous avons discutés de l'intervention pendant qu'ils installaient le champs devant moi (pour ne pas voir l'opération). C'était une sensation incroyable! Discuter avec le chirurgien alors qu'il est en train de faire naître votre enfant...! Eux aussi m'expliquaient ce qu'ils était en train de faire. Puis, le pédiatre se met à rire en me disant: "ha! ça on sait que ça fonctionne correctement!" Rires de tout le personnel du bloc: en sortant mon bébé de mon ventre, il lui a fait pipi dessus!! L'anesthésiste m'a alors détaché un bras et le pédiatre m'a posé mon fils sur moi... Je n'oublierai jamais ce moment... son premier cri, son premier regard, et de le sentir sur moi, alors que je n'avais pas vu naître mes deux premiers... Il n'y a pas de mots assez fort pour décrire ce moment.
Puis ils m'ont "refermée". Ils ont emmené mon fils pour les premiers soins, et je suis montée en salle de réveil. Je n'avais aucune douleur. La sensibilité dans les jambes est très vite revenue. Deux heures plus tard j'étais dans ma chambre, avec mon fils et mon mari, sans douleurs! On me faisait déjà passer un produit dans la perf contre les douleurs.  
Je ne peux pas dire que je n'ai absolument rien senti, ce serait mentir. Mais en comparaison avec les deux premières fois, c'était tout à fait supportable. Et le fait de savoir qu'on ne refuserait pas de m'administrer des anti-douleurs a du fortement jouer sur mon appréhension. L'évolution en matière de prise en charge de la douleur est incroyable. Impression d'être passée du moyen-âge aux temps modernes!  
Mon seul regret, c'est que mon mari a du rester de l'autre côté de la porte. Il ne pouvait pas être au bloc avec moi. Mais il a tenu son fils dans les bras dès que l'infirmière a franchie la porte.   Mon bébé a aujourd'hui 3 mois 1/2, est en pleine forme. Ma cicatrice est toute fine, je n'ai plus aucune douleur, et la Vie est belle!!! (V.-I., mai 2009)

J'ai 24 ans je suis maman d'une petite fille qui va avoir 1 an...née elle aussi par césarienne...jusque là je ne m'étais pas vraiment posé la question de "comment elle était née", elle était là en bonne santé c'était le principal. Ma soeur vient d'accoucher il y a 1 heure et voila que les sentiments se mélangent....je suis si heureuse pour elle et je n'arrête pas de pleurer...je viens de comprendre pourquoi....ma soeur a eu un accouchement "normal" voilà le mot que les gens emploient...je considère pourtant que le mien était "normal" aussi....pas au yeux de tout le monde apparemment.
Je suis rentrée le 24 septembre 2007 à la maternité pour un déclenchement...pourquoi? je ne sais pas trop, le 26 au soir toujours rien, pas de contractions, pas de dilatation du col, à 21h29 on me monte au bloc pour une césarienne. Ma fille s'épuise et moi aussi. Je ne me suis jamais posée la question mais là j'envie ma sœur : tout le monde pleure autour d'elle, tout le monde sourit, la félicite, lui dit qu'elle a été "une chef" et quelle a "géré"! J'aurais tellement aimé entendre ces phrases moi aussi....Mon bébé est venu au monde, on me l'a de suite enlevé pour le descendre au papa. Je n'ai vu personne pleurer personne me féliciter pour me dire que j'avais "géré".....et pourtant.... Les jours qui ont suivi tout le monde venait voir le bébé, je me sentais délaissée……Je suis pourtant une bonne mère même avec une césarienne....la cicatrice d'une césarienne n'est pas seulement physique....je languis qu'une seule chose : c'est d'avoir un 2eme enfant et j'espère que là je me sentirai une personne normal avec un accouchement normal et qu'on me félicitera aussi. En effet, maintenant mon témoignage écrit, je me sens mieux je vais ….aller féliciter ma soeur....je n'y suis pas encore allée.
Bonne continuation, merci pour ce site et courage à toutes les mamans !!! (E.C., septembre 2008)

Moi, j'ai surtout été étonnée par le nombre de témoignages figurant sur le site. Cela démontre bien que quoiqu'on en dise, et quelle que soit la manière dont chacune essaie de se convaincre que sa césarienne était finalement une bonne chose, nous en gardons toute une trace au fond de notre âme, même inconsciemment. La preuve, mon fils a aujourd'hui 8.5 ans et ma fille 7 ans et, tous deux étant nés par césarienne, j'éprouve aujourd'hui le besoin, comme tant d'autres, de témoigner moi aussi.
Pour ma première grossesse, les contractions se sont déclenchées en pleine nuit, à 4 heures du matin, et après avoir pris un bain chaud sur les conseils de la sage-femme, nous sommes partis tôt le matin pour la clinique. On avait le temps, la dilatation se faisait lentement, j'ai pu tester le bain à bulles et autres fantaisies mises à la disposition de la parturiente que j'étais. Mais voilà, vers 17h00, j'en étais toujours pratiquement au même point, à peine 5 centimètres de dilatation. Après avoir fait descendre mon gynécologue de la montagne (c'était pendant les vacances de Noël-Nouvel An bien sûr...), il a aussitôt ordonné vers 17h00 qu'on mette une perfusion d'ocytocine, ce qui a eu pour effet de rapprocher et d'intensifier les contractions. Entre-temps, on s'est rendu compte que la péridurale n'agissait pas sur la douleur au niveau du périnée et il a fallu me reposer la péridurale, avec un gros ventre de 9 mois et des contractions toutes les 30 secondes, je vous dis pas... Vers 22h00, il a fallu se rendre à l'évidence : rien ne progressait, le coeur du bébé commençait à se fatiguer et moi j'étais épuisée. Lorsque mon gynécologue m'a dit que quelque chose ne tournait pas rond, que ce n'était pas normal de ne pas dilater avec de telles contractions, et que donc, il fallait faire une césarienne en urgence, j'ai fondu en larmes dans les bras de mon mari quand on s'est retrouvé seuls dans la salle de travail. Tout ça... pour ça ! Pourquoi avais-je supporté ces contractions pendant 18 heures pour ne finalement pas avoir la "récompense" d'une naissance naturelle, que j'aurais tellement méritée ?! Ensuite tout est allé très vite : injection massive d'anesthésiant dans la péridurale en vue de l'intervention, descente au bloc opératoire, le temps pour mon homme de passer des vêtements adéquats pour m'y accompagner, et je me suis retrouvée couchée, les bras en croix, à me laisser faire. J'ai entendu les premiers cris de mon fils (on ne connaissait pas le sexe du bébé, par choix) et on nous a dit qu'on avait un beau petit garçon. Mon mari, qui voyait par dessus le champ opératoire, m'a dit que la première chose que le petit avait faire en sortant de mes entrailles était... de me faire pipi dessus ! On a emballé mon bébé dans une couverture de survie pour qu'il n'ait pas trop froid, on me l'a montré, je l'ai embrassé, et ils l'ont emmené pour les premiers tests, accompagné par le papa. Moi j'ai fini en salle de réveil, avec des grosses bottes gonflables pour éviter la thrombose aux jambes, et on m'a finalement amené mon petit Sasha pour me le mettre au sein; enfin, je le voyais, je le tenais, je caressais sa petite tête toute chaude, je découvrais ses traits. Pour cette première césarienne, le point négatif a été pour moi d'être séparée de mon petit à la naissance. Par contre, j'ai pu me lever dès le lendemain matin, me doucher; certes, j'avais mal à la cicatrice, mais c'était supportable, et c'est là le point positif. Et lorsque le médecin m'a dit que le bébé, lorsqu'il l'a sorti de mon ventre, avait une fois le cordon autour du cou et une fois autour du pied, j'ai compris pourquoi je n'avais pas dilaté (le bébé faisait yo-yo sur mon col, sa tête n'arrivait pas à appuyer sur le col) et j'ai remercié les cieux d'avoir eu un médecin aussi clairvoyant -même si sur le moment la déception a été immense de ne pas pouvoir accoucher par voie basse- car si on avait insisté encore et encore, l'issue aurait pu être dramatique.
Pour la naissance de ma fille Maja, 18 mois plus tard à peine, j'ai su assez vite que j'aurai également une césarienne. N'ayant en effet pas dilaté le col de l'utérus la première fois, le gynécologue m'a dit que si j'optais pour un accouchement par voie basse pour le second enfant, je serai comme une primipare (quel mot barbare !) et le travail serait donc probablement long, ce qui n'était pas de bonne augure pour ma première cicatrice, qui, au vu des deux naissances rapprochées, risquait de souffrir. J'ai donc accepté cette idée d'une seconde césarienne, en me disant qu'au moins, mon appareil génital serait intact après ces deux naissances. Un matin à 8h00, je suis allée faire mon contrôle chez le gynécologue et il a été décidé de m'opérer l'après-midi-même, car je faisais de la rétention d'eau, un diabète gestationnel et visiblement, je n'en pouvais plus, en plein mois de juillet ! Maja est née à 18h00. Le point positif, par rapport à la naissance de Sasha, et qu'après les premiers tests faits au bébé, on m'a amené ma petite à côté de ma tête dans une couveuse, alors qu'on me recousait le ventre, et j'ai pu la voir, toucher sa petite main à travers la couveuse et c'était merveilleux. Cela m'a aussi distraite de la douleur que je ressentais à ce moment-là, car une fois de plus, la péridurale n'avait pas correctement agi là où elle aurait dû agir et je dois dire que j'ai beaucoup souffert pendant l'intervention chirurgicale, surtout lorsqu'on a écarté les muscles abdominaux pour dégager l'utérus. Les larmes ont giclé de mes yeux, me dents claquaient sans que je puisse contrôler ma mâchoire, et la nuit qui a suivi la naissance a été terrible et ce fut un énorme moment de solitude; j'avais tellement mal que je me demandais juste comment je pourrais me redresser dans mon lit le lendemain matin pour allaiter ma fille ! Vers 7h00, on m'a enfin donné un calmant digne de ce nom et j'ai pu m'occuper tant bien que mal de mon bébé; mais quand j'ai vu ma mère arriver vers 10h00 pour nous visiter, j'ai fondu en larmes dans ses bras comme une gamine de 5 ans ! J'en avais bavé et il fallait que je me lâche. En salle de réveil, après l'opération, cette fois-ci, on m'a très vite amené mon bébé : je l'ai posé dans ma chemise d'hôpital, directement contre ma poitrine nue; elle a tout de suite cherché le sein et a commencé à téter, comme par enchantement, et ça a été un moment d'intimité inoubliable, car en plus il n'y avait que nous deux en salle de réveil et l'infirmière de surveillance était bien loin à l'autre bout de la salle; à ce moment-là, il n'y avait que nous au monde, on échangeait nos énergies et je me suis sentie mère à 200% ! La douleur post-opératoire, la nuit terrible que j'ai vécue ensuite, restent dans ma mémoire, bien sûr, mais ce souvenir est bien terne à côté de celui de ce moment de partage intense entre ma fille et moi. Voilà donc deux expériences de césariennes bien différentes, tant dans les circonstances, leur déroulement respectif que leurs suites opératoires. Il y a eu du positif et du négatif, mais au final, la seule chose qu'on retient vraiment, c'est la joie d'avoir reçu en cadeau deux beaux enfants en pleine santé. Bien sûr, lorsqu'à la télévision on voit des reportages sur les accouchements, je regarde toujours avec des yeux plein d'envie ces jeunes parents qui vivent une naissance naturelle, les larmes de joie de la maman lorsqu'on lui pose son bébé sur la poitrine, et je suis triste de ne pas l'avoir vécu moi aussi, dans la paix et la sérénité, sans toute l'équipe médicale autour de nous pour gâcher ce moment d'intimité.
Mais voilà, on ne choisit pas, il faut l'accepter. Chaque jour, je regarde mes enfants, qui grandissent tellement vite, et je me dis que c'est une chance de les avoir, peu importe finalement les conditions dans lesquelles je leur ai donné la vie. Ils ne sont pas nés par voie basse, je n'ai pas dû pousser pour leur donner la vie, mais j'ai quand même aussi souffert dans ma chair pour cela, mais ce n'était pas en vain. Nous avons la chance de vivre au XXIème siècle. Grâce à la césarienne, on sauve des vies et c'est le plus important, au fond. Merci pour votre site. (A.S., septembre 2008)

Je suis tombée par hasard sur votre site, et quel bien de savoir que je ne suis pas seule à avoir vécu une césarienne douloureuse physique ou mentale. De lire d'autres témoignages cela fait du bien. Je n'étais pas prête à vivre cela. Car ayant suivi les cours d'accouchement où vous ne parlez que très peu de la césarienne, on vous parle que de l'accouchement par voie basse. Ma première césarienne a été pour moi un terrible choc: provocation sans résultat, faite un peu en urgence pour des problèmes cachés que j'ai su quelques années après. Sur le moment on m'a dit souffrance du bébé. Après l'accouchement j'ai eu des complications pas graves, mais aucun soutien. Mais 2 choses m'ont marquée, le lendemain de la césarienne mon ventre se gonflait et devenait dur comme de la pierre.l La sage-femme ne semblait pas me croire et je souffrais terriblement, en fin de journée on ma dit que j'avais de l'air dans les intestins. Et on m'a donné un médicament. Du à mes complications, je ne pouvais me lever et on devait me mettre le bébé dans les bras car je ne pouvais le prendre seule. Il étais 23h30 le lendemain de ma césarienne, je n'arrivais pas à mettre mon fils au sein, j'ai essayé 30 min, en plus j'avais des téterelles car j'avais les seins en sang, je sonne la nurse pour lui demander de l'aide. Elle vient et me dit simplement qu'il faut que je me débrouille car quand je serais à la maison je devrais le faire seule. Je suis partie en larmes. Cet accouchement et le suivi a été traumatisant pour moi et j'en garde encore de mauvais souvenirs. J'ai commencé un baby-blues à l'hôpital et rien n'a été décelé on m'a laissée rentrer comme ça. Puis je suis tombée enceinte du 2 ème en 2001. J'ai changé de gynéco, je n'avais plus confiance en mon premier gynéco et la maternité où j'avais accouché. J'avais tellement peur, j'étais traumatisée de ma césarienne qui datait de 1999: il a été très gentil, compréhensible, à mon écoute tout pour me rassurer. 9 mois d'encadrement quoi de mieux. Il a essayé de me faire accoucher par voie basse ce qui était pour moi important, malheureusement la provocation n'a pas marché, pas de dilatation du col donc il a été décidé que ce serait une césarienne et là, le monde s'est écroulé. Je ne voulais pas que cela se passe de cette façon, mais là tout s'est bien déroulé. Une césarienne bien prise en charge, un encadrement top, tout s'est déroulé parfaitement, rien à dire. Toutes et tous ont été au petit soin pour moi, cela venait peut-être du fait que j'ai accouché en clinique. Mais voilà je suis enceinte de 9 semaines et là je panique, les vieux démons reviennent. J'ai une peur bleue car là pas le choix de la césarienne. Merci de m'avoir lue et encore merci pour se site magnifique. (L., septembre 2008)

Je vous offre mon témoignage et vous pouvez le publier si vous le trouvez pertinent bien sur. J'ai eu ma fille par césarienne il y a déjà trois mois. Elle se présentait par les pieds et un accouchement naturel était pratiquement impossible. J'ai alors tenté une version assistée, qui n'a pas fonctionné. J'ai passé des échographies jusqu'à la dernière semaine, j'ai espéré jusqu'à la veille de l'opération qu'elle décide par elle-même de se retourner. J'avais vraiment peur, pas de l'intervention comme de ce qui allait se passer après. J'avais peur de ne pas être capable de m'occuper de ma fille, de ne pas avoir conscience de tous les moments précieux à cause des médicaments, et surtout d'avoir très mal. J'ai décidé d'accepter ce que la vie m'envoyait, de toute façon je ne pouvait rien y changer. Après 3 ans de traitement contre l'infertilité, une fausse-couche et bien des petits soucis pendant ma grossesse, j'étais trop près du but pour prendre le risque qu'il arrive quelque chose à ma petite puce. Alors, la journée de l'intervention je suis arrivée à l'hôpital surexcitée, j'avais hâte. L'opération s'est très bien déroulée, je dirais même de façon exemplaire: en moins de 15 minutes ma fille était née. Mon conjoint était à mes côtés et il a même pu se lever pour voir notre fille sortir de mon ventre en hurlant très fort. Une infirmière a pris mon appareil photo pour immortaliser le moment et l 'anesthésiste m'a raconté en détail toute l'intervention. Toute l'équipe (il y avait beaucoup de monde) était de bonne humeur, l'atmosphère était presqu'à la fête, ils plaisantaient et riaient . J'ai pu voir ma fille quelques minutes, l'embrasser puis elle est partie avec son père. C'est certain que j'aurais aimé prendre ma fille dans mes bras et l'allaiter toute suite, j'aurais aimé la garder avec moi plus longtemps mais au moins je la savais en sécurité avec son père. J'ai été une heure en salle de réveil et c'est sans aucun doute l'heure la plus longue de ma vie. Une infirmière a eu la gentillesse d'appeler pour me dire son poids et sa grandeur. J'ai vraiment commencé mon histoire d'amour avec ma fille quand je suis arrivée à ma chambre où j'ai enfin pu la prendre dans mes bras. J'avais demandé a la famille de ne pas être a l'hôpital, je voulais pouvoir faire connaissance avec ma fille toute seule en paix comme si j'avais été en salle de travail. Étonnamment je me suis vite remise de ma césarienne, le lendemain je marchais déjà, je n'avais pas trop de difficulté à bouger et aucun mal à m'occuper de ma fille. Les infirmières étaient surprises de voir à quelle vitesse je me rétablissais. Je suis sortie de l'hôpital plus tôt que prévu et je n'ai pratiquement pas eu besoin de calmant. Ça été beaucoup plus facile que je croyais. J'espère avoir un accouchement naturel à mon prochain enfant mais, si jamais ce n'était pas possible, ce ne sera pas si grave que cela. Nous ne devons pas nous sentir moins femme parce que nous n'avons pu accoucher comme les autres. Nous avons eu le bonheur de porter un enfant et finalement c'est tout ce qui compte. Au diable ceux qui ne comprennent pas, qui ont des préjugés ou qui dénigre notre accouchement. J' ai voulu ma fille, je l'ai portée, je suis une mère à 100% et je me sens femme. J'ai donné la vie. J'aurais voulu ajouter que comme dans toute intervention vous avez le droit de choisir votre chirurgien. Le mien était très minutieux. Il n'a pas eu recours aux agrafes et il m'a fait des points intérieures. C'est-à-dire qu'on ne voit aucun point seulement une minuscule ligne. Bonne chance à toutes celles qui vont passer par là. (C.G., septembre 2008)

Bonjour à toutes ! …Malgré les témoignages de POST-césarienne, le mien est celui d'une PRE-césarienne... j'ai rendez-vous le 2 octobre et nous sommes le 29 septembre 08.  
C'est ma première grossesse. J'ai 31 ans et mon bébé est en siège. J'ai tout essayé, acupuncture, ostéopathie, homéopathie, version... rien n'y a fait. Elle est à 2 à 3 cm de faire le tour mais quelque chose l'en empêche.  
Toutes les frustrations que je lis dans vos témoignages sont identiques à ceux qui peuplent mon esprit depuis que je sais que je vais être césarisée.  
Ils voulaient le faire 2 semaines avant le terme, je voulais encore lui donner sa chance et j'ai repoussé à 4 jours avant le terme. Peut-être tournera-t-elle encore d'ici demain ou mercredi, après il sera trop tard.  
Je ne savais pas qu'on pouvait perdre la sensibilité de son ventre à vie, ni que les douleurs postopératoires soient si fortes. C'est vrai, on vous explique que dalle. C'est presque comme si on commandait un taxi. Voilà on vous fait une rachis (anesthésie, comparable à la péridurale, H.E.) et ensuite réveil et bébé. Point barre.  
Comme vous je suis passablement déçue et j'ai l'impression d'être prise au piège. En France les accouchements par le siège se font, ici personne n'ose prendre le risque. Pourquoi? Y a-t-il vraiment des contre-indications ou est-ce juste une solution confortable pour les médecins? Comment le savoir...  
Evidemment tout le monde répète toujours "tant que tout va bien pour les deux", oui mais tout ne va pas bien pour son psycho, son corps et le regard de son mari sur une future cicatrice qui restera une balafre non-désirée. Egoïste? non réaliste, car la santé passe aussi par le moral, et là il en prend un sérieux coup. Je l'appréhende cette césarienne je la déteste même mais je suis obligée de l'accepter et j'avais aussi envie de vous envoyer mon témoignage avant de la vivre. Je vous embrasse toutes.  
NB : vous pouvez publier ce témoignage et merci de nous comprendre en mettant ce site à notre disposition, merci du fond du coeur... (pseudo: Tenkiss, septembre 2008)

Ma fille a 2 ans et demi, elle est née sans césarienne, ce que nous regrettons beaucoup, son père et moi. En effet, l'accouchement a été long (17h), ...... puis il y a eu des signes de faiblesse du cœur du bébé. La sage-femme m'a dit de pousser, le gynéco est arrivé et a constaté que le bébé était coincé. J'ai eu une épisiotomie géante. Le médecin a utilisé une ventouse (sorte de forceps), la tête est sortie, mais pas les épaules. Il a alors demandé à la sage-femme et à l'aide-soignante d'appuyer sur mon ventre de toutes leurs forces, ce qu'elles ont fait pendant qu'il tirait autant qu'il pouvait sur le bras du bébé. Quand enfin le bébé est sorti, le gynéco a dit que c'était une fille – on avait préféré avoir la surprise – mais qu'elle avait un problème au bras. On me l'a posée sur le ventre pendant quelques secondes, et je dois admettre que c'était le meilleur moment de l'accouchement. Puis on l'a emmenée, et mon mari n'a pas pu l'accompagner. On l'a ramenée quelques minutes plus tard, en nous disant que, pour l'instant, le bras était inerte, mais que ça ne durerait pas. Elle pesait 4 kilos. Nous avons enfin pu profiter un peu d'elle, je l'ai mise au sein.
Trois heures plus tard, on l'a emmenée car j'ai fait une grosse hémorragie. Pour faire sortir le sang de mon ventre, une sage-femme (une autre) m'a appuyé sur le ventre. J'ai eu tellement mal que je hurlais à la mort. La sage-femme m'a menacée en me disant que je risquais d'y rester si elle ne faisait pas sortir le sang, et mon mari a dû me tenir pendant qu'elle appuyait et que des flots de sang s'écoulaient sur le sol. C'était atroce, et mon mari et moi avons été très choqués par tout cela. Quand enfin on m'a sortie de la salle d'accouchement, il était 23h, nous étions épuisés (les contractions avaient commencé à 1h du matin), notre fille aussi, son bras était toujours inerte, et la sage-femme (une troisième) m'a dit que je risquais de ne pas passer la nuit, car j'avais perdu beaucoup de sang, mais qu'elle conseillait à mon mari de rentrer se reposer. Je ne vous raconte pas la nuit qu'on a passé! Il est effectivement rentré pour rassurer nos familles, mais dans un tel état de stress qu'il n'a pas pu dormir et il est vite revenu. Quant à moi, j'ai à peine somnolé car j'avais peur de m'endormir pour toujours en laissant ce petit être qui venait de pointer le bout de son nez. Quant j'ai vu une sage-femme (une quatrième) vers 5h du matin, je lui ai demandé si j'avais beaucoup de risques de mourir, et elle m'a dit que non, qu'en fait l'autre sage-femme en avait rajouté ! Quelle horreur ! Mais quel soulagement !
Pour notre fille, il s'est avéré qu'elle avait le bras paralysé suite à l'accouchement. Elle a eu des séances de kiné qui n'ont pas donné grand-chose, et finalement, on a décidé de faire pratiquer une greffe de nerfs quand elle a eu 3 mois. On n'a pas été aidés ni conseillés, on a dû se renseigner tous seuls, personne ne semblait très au courant, pourtant, cela s'appelle une paralysie obstétricale du plexus brachial (POPB) et touche 1 bébé sur 2 000 par an en France. Elle a beaucoup souffert du fait de l'opération et de ses suites, elle a des séances de kiné plusieurs fois par semaine, mais aujourd'hui elle va mieux, même s'il a fallu près de 2 ans pour qu'elle plie le coude. Nous sommes chanceux, car beaucoup d'enfants dans son cas ne se remettent pas aussi bien, même pas du tout, et gardent le bras totalement paralysé.
Je peux vous dire qu'on a passé des nuits blanches à nous demander pourquoi le médecin n'avait pas décidé de pratiquer une césarienne, à nous sentir coupables d'avoir voulu privilégier un accouchement « naturel » (mais est-ce que mon accouchement avait vraiment quelque chose de « naturel » ?). Nous aurions pu aller accoucher en Suisse, car nous habitions à côté, et ils font beaucoup plus de césarienne. Bref, la culpabilité nous a rongé, et me ronge encore souvent. C'est comme si je n'avais pensé qu'à moi, comme si j'avais privilégié mon envie d'accoucher normalement, alors que j'aurais dû réclamer à corps et à cri une césarienne, ce que je n'ai pas fait. Car jusqu'au bout j'ai espéré ne pas en avoir besoin. Je m'en veux terriblement. J'ai ressenti ce sentiment de culpabilité chaque fois que j'ai regardé ma fille pendant les deux premières années de sa vie, jusqu'à ce qu'elle arrive à plier son coude, et cela a été très douloureux pour moi. Et elle l'a certainement ressenti également.
Au niveau de la douleur, j'ai terriblement souffert. Le lendemain de l'accouchement, et pendant environ 2 semaines, je pouvais à peine bouger en raison de douleurs dans la zone de l'épisiotomie et de l'anus. Car ce qu'on ne nous explique pas, c'est que quand on pousse très fort et que le bébé sort, toutes les hémorroïdes sortent aussi !!! Deux semaines après l'accouchement, je ne pouvais toujours pas m'asseoir, je suis retournée voir le gynéco qui ne me croyait pas et pensais que j'en rajoutais. J'ai fini par aller voir un ancien gynéco, qui a constaté une déchirure à l'intérieur (les points avaient sauté tout de suite). Mais il ne pouvait plus faire grand-chose. Je pense qu'il a bien fallu 10 mois avant de pouvoir dire que la douleur est devenue supportable, et presque 2 ans et demi pour que je me fasse la réflexion que « tiens, je n'ai plus mal lors des rapports avec mon mari ». Tout cela pour vous dire qu'un accouchement « normal » n'est pas forcément idyllique, même si on l'idéalise beaucoup avant de l'avoir vécu. Et je peux également vous dire que la majorité des femmes à qui je parle de tous ces problèmes se mettent à me raconter leurs déboires lors de leur accouchement. Mais c'est comme si elles n'osaient pas en parler à des femmes qui ne l'ont pas vécu. On a toujours l'impression que tout s'est bien déroulé pour elles, alors que si on creuse un peu, on découvre les mille maux dont elles ont souffert. Moi aussi, j'aurais regretté d'avoir dû subir une césarienne, car je n'aurais pas été au courant de tous les désagréments qu'elles ne m'ont raconté que par la suite. C'est comme une loi du silence, on dirait que les femmes veulent faire croire que tout s'est bien déroulé pour elle, comme si c'était une tare d'avoir eu des problèmes lors de son accouchement, ça ne se dit pas.
Bref, je suis de nouveau enceinte. Il a fallu d'abord convaincre mon mari, qui avait une peur terrible que l'accouchement se déroule mal une nouvelle fois. Puis quand j'ai été enceinte, c'est moi qui me suis mise à ne plus dormir, à paniquer des heures pendant la nuit. Nous avons décidé que je subirais une césarienne. Toutefois, c'est le gynéco qui décide de cet acte. Et le mien a été clair sur ce point. Il ne décidera qu'au dernier rendez-vous de suivi de grossesse. Nous lui avons mis une telle pression qu'il semble vouloir céder. Je n'envisage même pas de ne pas avoir de césarienne. J'appréhende trop que mon bébé ait des problèmes, ce que je ne me pardonnerais pas. Bien sûr, j'ai peur, surtout après avoir lu tous les témoignages de ce site. Mais je préfère savoir ce qu'on risque, pour mieux me préparer, et anticiper un peu ce qui va se passer. Et l'essentiel est la santé de mon bébé. Je comprends que les mamans qui ont accouché par césarienne ne comprennent pas trop quand on leur dit que l'essentiel, c'est qu'elle et leur bébé aillent bien. Ce doit être difficile d'être déçue de n'avoir pas accouché naturellement. Cependant, vous pouvez me croire, rien n'est pire que de savoir que votre bébé va mal, qu'il est paralysé du fait que vous n'avez pas eu de césarienne, alors que cet acte aurait pu être pratiqué. Allez, j'espère que mon accouchement se passera bien, que j'aurai une césarienne et pas trop de complications pour pouvoir profiter au maximum du bébé. Bon courage à toutes ! (C.L., octobre 2008)

Je viens de tomber sur votre site par hasard et de me replonger dans la blessure de la naissance par césarienne n'est pas sans susciter de vieilles émotions. Mes deux enfants sont nés par césarienne : ma fille d'abord, ceci il y a 5 ans et demi. Après une grossesse de rêve, une GRANDE ENVIE réelle d'accoucher sans aucune crainte, j'arrive à la clinique au petit matin, installée dans un décor de rêve avec vue sur les montagnes et un soleil radieux. J'étais émue aux larmes d'entamer ce processus dans des circonstances aussi magnifiques.
Mais après 10 heures d'un travail efficace et prometteur, tout d'un coup plus rien. Le dernier centimètre de dilatait plus, les eaux étaient perdues, les poussées ne servaient à rien et la tête était énorme. Je suis partie à la salle d'opération dans une euphorie joyeuse : "j'allais enfin rencontrer physiquement mon bébé". Le papa quant à lui était furieux, frustré (déjà), mais n'osait pas me le montrer. Je n'ai pu être en contact avec ma Puce que 2 heures après. Tout allait bien c'était le bonheur (pour moi, pas le papa, ce que je ne saurai qu'après). Puis une fois de retour à la maison, ma tête a pris le dessus. "Je n'ai pas accouché, on m'a opérée", "une naissance dans ces circonstances il y a 100 ans, nous aurions été mortes toutes les 2, donc vous êtes illégitimement en vie puisque c'est la médicalisation qui l'a permis", "pourquoi moi/nous ?".Etc.
Ma gynécologue étant une amie, de surcroît très habile et expérimentée chirurgienne et mère de 2 enfants nés par césarienne, elle a trouvé les mots pour me réconforter et me convaincre qu'une naissance par voie basse dans nos circonstances m'aurait probablement menée à des déchirures et des incontinences multiples, sans compter les souffrances foetales. J'en ai fait mon affaire; c'est certes une frustration, mais somme toute c'est en la ruminant qu'on aggrave la situation. "Passons à autre chose" fut vite ma devise, sans rancoeur. Puis, lors de ma seconde grossesse, on a suspecté une macrosomie également (=gros bébé comme ma fille qui faisait 4.2 kg ). Il n'a donc, malgré moi, jamais été question de naissance par voie basse, que j'aurais pourtant voulu tenter pour aboutir à une césarienne EVENTUELLEMENT et EN CAS DE NECESSITE SEULEMENT. "N'oublie pas qu'une césarienne est un acte risqué, il est fait dans de meilleures conditions s'il est planifié". Bref, la technicité et le confort de l'équipe médicale l'ont emporté sur le spirituel... C'est allé jusqu'au choix du jour et de l'heure... Mais face à ce cynisme évident, j'ai réussi à me faire une raison (était-ce un instinct de survie ?). Une seule idée m'a permis de tenir le coup : autant nous avons adoré attendre notre première, née une semaine après terme, en lui causant tous les soirs et l'invitant à venir nous rejoindre, autant de savoir A COUP SUR que notre deuxième serait parmi nous à date fixe avait aussi un charme fou.... mais j'aurais voulu pour cela que la naissance se passe "en famille", notre fille sinon au bloc opératoire, au moins à proximité immédiate dans la clinique pour participer aux premiers instants.... et là encore pas possible de tenir compte de ce désir : césarienne à 7 heures veut dire debout à 6 heures, arrivée à la clinique avec son papa en catastrophe... pas vraiment rêvé comme contexte.... j'ai donc dû passer la nuit SEULE à la clinique. HORREUR !!! Réveil en pleine nuit, panique, frustrations, pleurs, sentiment de culpabilité et d'isolement affreux. Je m'en voulais d'infliger ce terrible choc à mon bébé qui n'avait rien demandé, surtout en n'étant pas sûre que c'était réellement opportun. En pleine nuit, une douce sage-femme m'a bercée de propos rassurants "imaginez-vous que dans quelques heures, vous tiendrez votre bébé dans vos bras". "Pauvre écervelée, me disais-je, est-elle à ce point aveugle pour ne pas comprendre ma souffrance et me gaver de ses propos mielleux ?".Rien ne pouvait alors m'atteindre.
Et le lendemain, feu de l'action. Le pédiatre (aussi un ami) avait annoncé ne pas être là; finalement il a pu se libérer. Ce fut une superbe surprise. Il y avait une ambiance enjouée, une effervescence stimulante qui m'a pourtant permise de rester en contact avec bébé. Le personnel était adorable et détendu. Le tout a duré 17 minutes. Et un petit cri, "c'est un garçon" (le choix du roi), et cela fait tout oublier (même s'il s'est avéré ensuite qu'il ne faisait "que 3kg500... !!!).
En résumé je reste un être qui a été frustré et blessé par ces naissances qui n'ont pas tenu compte de mes aspirations, de ma féminité, et du rôle "idéal" que j'avais envie de jouer dans l'histoire de l'humanité. Avec le temps toutefois, j'arrive à la conclusion qu'il ne faut pas accorder plus de place qu'utile à ces ruminages : ils finissent par être digérés grâce aux bonheurs de la vie en famille et le dialogue. Et, après tout, la femme est forte, cette épreuve n'est pas si difficile en regard des autres qui jalonnent sa vie. La femme est généreuse, son coeur sait offrir de sa personne pour donner la vie et y laisser un peu du sien, voire pardonner. Aujourd'hui mes petits ont 5 ans et demi et 2 ans. Ils sont tellement adorables, brillants et compétents, que je suis sincèrement et profondément consolée, même si les scenarii étaient à des années-lumière de ce que j'avais rêvé. J'en ai d'ailleurs parlé à chacun des bébés, en leur présentant aussi les (quelques) avantages pour eux, et en me gardant bien de les faire porter mon fardeau, mais plutôt en souhaitant crever un abcès pour pouvoir avancer. On dit que souvent, les paroles guérissent, j'en ai la preuve. Ce "debriefing" est désormais quelque part dans leur conscience et représente une étape importante dans ma (leur) vie : le non dit-poison n'a jamais eu sa place et donc pas pu déployer ses effets pervers. Une chose que je regrette par contre, c'est la clinique où cela c'est passé: elle se dit "amie des bébés" en tant que fervente partisante de l'allaitement maternel. Mais rien n'est spécialement prévu pour que la maman ait son enfant auprès d'elle dès son premier souffle, et en compagnie du papa. Ceci je ne l'ai jamais compris : je ne vois pas la contre-indication à avoir son bébé sur soi, quitte à bénéficier d'un encadrement si nécessaire. Les scyalitiques en pleine figure, le froid, la détresse et la panique du papa laissées sans assistance, tout ceci m'a choquée (les salles n'y sont pas uniquement dédiées aux naissances). Certes, le papa fut là aux premiers instants (encore une merveilleuse consolation), cela lui a permis de tirer parti de mon absence en "s'approprier" ces naissances en toute intimité, mais il y a encore de grands progrès à faire de ce côté, pour que technicité médicale et spiritualité puissent se rencontrer.
Allez les Filles, Mesdames, COURAGE. Cela finit par passer avec le temps ! (C.C., octobre 2008)

Merci d'avoir crée ce site et de nous donner la possibilité de dire et de partager. Je suis aussi de l'avis que trop souvent le vécu de la mère, si l'enfant va bien, est considéré comme anodin. Elle est adulte elle doit bien assumer les quelques tracas de la maternité. Je connais des femmes qui sont tellement terrorisées par l'accouchement que choisissent la césarienne d'office, une même en anesthésie générale. Mais pourquoi en arrivons-nous à cette terreur ? je me suis posée la question après avoir su que j'étais enceinte, une question parmi l'ouragan d'émotions et sensations que tant d'entre nous connaissent.
L'image de ma grande mère, hélas morte il y a une dizaine d'années, m'est venu à l'esprit : mariée avec un paysan, elle avait du quitter sa famille très jeune pour aller travailler chez une petite vieille, mais qui en savait des choses, la vieille était accoucheuse ! Avec son paysan chéri elle a donc eu 13 grossesses dont 11 ont donné vie à des enfants, 7 garçons et 4 filles et pour gagner un peu de nourriture pour tout ce monde elle en prenait d'autres en nourrice et les allaitait, et elle n'a jamais eu de congé maternité, juste une mère à elle en bonne santé qui l'aidait à la maison. Les 11 sont toujours vivants… tous nés à la maison, à la campagne, et ma grande mère n'a jamais eu de soucis de contention et se laçais les chaussures seule à 89 ans !
Alors moi j'ai lu Ina May Gaskin, et autres, j'ai rêvé et je voulais accoucher à la maison entouré de mes chers et… non le père m'a traitée de « assassin par négligence » et autre noms j'ai donc cherché une solution de compromis, l'accouchement ambulatoire, mais… je me suis sentie tellement accusée tout le long de la grossesse, même les beaux parents ne supportaient pas que je n'aie pas de suivi gynécologique technologique, la grossesse par ailleurs se passait très bien, mais le jour dû il ne s'est rien passé, et j'ai donc du aller à un contrôle, et la machine médicale s'est mise en route… échographies, monitoring, touchers,… en 14 jours j'en ai eu pour 4-6 grossesses difficiles… après 2 semaines (bien que je pense qu'il y avait une marge dans les dates) on m'a dit "c'est pathologique, il faut provoquer" et là j'ai eu peur, j'ai demandé à mon mari de demander à un ami gynéco qu'est-ce que cela implique et il a été honnête, cela implique à 90% 2-3 jours de ocytocine synthétique et puis une césarienne par épuisement de mère et fœtus.(En cachette j'ai pris le cocktail à l'huile de ricin, puis j'ai fiat de l'acuponcture... rien) Et c'est bien ce qui s'est passé, pas d'explication claire du pourquoi, et j'ai tellement mal vécu la césarienne, la péri qui marche à moitié, l'équipe du bloc qui me traite comme la numéro 7 de la nuit et ne m'explique rien de ce qui se passe, ils sont fatiguées ok, l'ocytocine en dose de cheval juste après la *naissance du bébé qui me secoues tut le corps alors que je suis ligotée, qu'on m'a bien montré, tout emmitouflé dans un linge vert et de loin et j'étais ligotée et je ne pouvais même pas lui faire un câlin… le doute pendant des semaines que… qui sait peut être que j'avais une grosse boule et le bébé c'est un extraterrestre… heureusement j'avais encore assez de forces pour pester et j'ai pu allaiter une heure après dans la salle de réveil, ça nous a aidé les deux. Pour moi la terreur maintenant vient de la prise en charge lourde de l'establishment médical, c'est une grosse machine qui prend le dessus de la personne et du vécu subjectif (donc pas scientifique) mais tellement important !
Que pouvons-nous faire pour que cela se passe de moins en moins ? Il y a le label hôpital ami des bébés. Il en faudrait un pour hôpital ami de bébé et maman! (Artemisia C, novembre 2008)

 

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